Résumé de la décision
Dans cette affaire, la société HSBC Bank PLC Paris Branch, au sein d'un groupe fiscalement intégré, a demandé la restitution partielle d'impôt sur les sociétés pour l'exercice 2003, en raison de l'avoir fiscal lié à des dividendes reçus de sociétés situées dans d'autres États membres de l'Union européenne. Après le rejet de cette demande par l'administration fiscale et par le tribunal administratif, la cour administrative d'appel de Versailles a également rejeté leur appel. Les sociétés se pourvoyaient alors en cassation contre cet arrêt. La décision du Conseil d'État a été de surseoir à statuer en attendant la résolution d'une question préjudicielle posée à la Cour de justice de l'Union européenne, jugée déterminante pour la solution du litige, relative à l'application de la réglementation fiscale européenne.
Arguments pertinents
Les sociétés requérantes avancent plusieurs arguments dans leur pourvoi :
1. Insuffisance de motivation : Elles estiment que la cour a insuffisamment motivé sa décision et méconnu le principe du contradictoire, en ne répondant pas à leurs arguments sur les difficultés d'accès aux informations nécessaires.
2. Interprétation des textes fiscaux : Elles soutiennent que le rejet de leur demande par la cour administrative d'appel méconnait la portée de l'article 158 bis du code général des impôts et le principe de liberté de circulation des capitaux, prévu par l'article 63 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne. En particulier, les sociétés affirment que la cour a erronément considéré que l'avoir fiscal devait varier selon le taux d'imposition applicable.
3. Charge de la preuve : Elles allèguent que la cour a violé les règles de dévolution de la charge de la preuve en les contraignant à apporter une preuve difficilement accessible, alors que l'administration fiscale était détenue de l'information requise. Elles soulignent que cette situation crée un déséquilibre dans le procès.
Citation pertinente : « Les décisions rendues le 10 décembre 2012 par le Conseil d'Etat [...] dépendent de l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne C-310/09 du 15 septembre 2011. »
Interprétations et citations légales
La décision repose sur des interprétations essentielles des textes de lois, notamment des articles liés à la fiscalité et à la libre circulation des capitaux. Les articles pertinents cités dans la décision incluent :
- Code général des impôts - Article 158 bis : Cet article détermine les modalités de restitution de l'avoir fiscal et son application aux dividendes, mais la question de son interprétation en lien avec le droit européen reste au cœur du litige.
- Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne - Article 63 : Cet article garantit la libre circulation des capitaux au sein des États membres, un principe central que les sociétés invoquent pour contester le refus de restitution de l'impôt.
La mise en œuvre de ces dispositions est compliquée par les interprétations divergentes entre la réglementation nationale et le droit communautaire, une question que la Cour de justice de l'Union européenne a été invitée à clarifier (affaire C-416/17).
En conséquence, le Conseil d'État a décidé de surseoir à statuer sur cette affaire jusqu'à ce que la Cour de justice prenne position, témoignant ainsi de l'importance d'une interprétation harmonisée des normes fiscales au sein de l'Union.