Résumé de la décision
Dans cette affaire, la société civile immobilière (SCI) du Père Lachaise contestait un rappel de taxe sur la valeur ajoutée, résidant dans un jugement du tribunal administratif de Melun qui avait rejeté sa demande de décharge. La SCI a porté l'affaire en appel, mais la cour administrative d'appel de Paris a également rejeté sa requête. La SCI se pourvoit alors en cassation, demandant l'annulation de l'arrêt et le règlement de l'affaire au fond en sa faveur. La Cour, après examen, a rejeté son pourvoi, confirmant ainsi les décisions précédentes.
Arguments pertinents
1. Droit à l'information : Selon l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales, l'administration doit informer le contribuable des informations obtenues de tiers utilisées pour établir une imposition. Cependant, la cour a jugé que le dossier fiscal et le rapport de vérification ne constituaient pas des documents obtenus de tiers au sens de cet article, ne commettant ainsi pas d'erreur de droit.
> "La cour n'a pas commis d'erreur de droit en jugeant que le dossier fiscal d'un contribuable et qu'un rapport de vérification ne constituaient pas, par eux-mêmes, des documents obtenus de tiers."
2. Demande de communication vague : La SCI s'est limitée à demander l'intégralité de son dossier fiscal sans préciser des documents ou renseignements concrets. La cour a conclu en conséquence qu'elle n'avait pas erré en ne considérant pas le défaut de communication comme une violation des droits de la contribuable.
> "La cour n'a pas commis d'erreur de droit ni insuffisamment motivé sa décision en jugeant que le défaut de communication du dossier fiscal de la contribuable ne méconnaissait pas les dispositions de l'article L. 76 B."
3. Notification régulière : La SCI a contesté la notification de la proposition de rectification en arguant d’un changement d'adresse. Toutefois, il a été constaté que la notification avait été effectuée à l'adresse connue de l'administration et que le changement d'adresse n'impliquait pas le gérant de la SCI.
> "En déduisant de ces constatations que la proposition de rectification avait été régulièrement notifiée à la société, la cour n’a pas insuffisamment motivé sa décision."
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie principalement sur les dispositions du Livre des procédures fiscales - Article L. 76 B, qui établit le devoir d'informer le contribuable de la nature et de la teneur des renseignements obtenus de tiers :
- Livre des procédures fiscales - Article L. 76 B : "L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition (...) Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande."
Ainsi, l'interprétation de la cour a clarifié que cette obligation ne s'étendait pas aux documents n'ayant pas été spécifiquement demandés, ce qui limite la portée des droits d'accès à l'information dans le cadre des procédures fiscales. Cette décision pourrait être perçue comme un encouragement à préciser les demandes d'accès à des documents précis, renforçant la nécessité d’un dialogue clair et documenté entre le contribuable et l'administration.