Résumé de la décision
La Société Eveler a soulevé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) concernant l'article L. 341-3 du Code de l'énergie, estimant que les dispositions législatives portent atteinte à la liberté d'entreprendre et sont entachées d'incompétence négative. Le Conseil d'État a examiné la requête et a décidé qu'il n'y avait pas lieu de renvoyer la question au Conseil constitutionnel, considérant que le moyen soulevé n'était pas sérieux et n'était pas nouveau. En conséquence, le grief de la société Eveler a été écarté.
Arguments pertinents
1. Applicabilité et interprétation des dispositions : Le Conseil d'État a rappelé que les dispositions de l'article L. 341-3 du Code de l'énergie encadrent les tarifs des prestations exclusivement proposées par les gestionnaires de réseaux publics d'électricité. Il a affirmé que cette disposition ne concerne pas les prestations susceptibles d'être fournies par d'autres entreprises, ce qui exclut toute entrave à la liberté d'entreprendre.
Citation pertinente: « [...] la notion de "prestations annexes réalisées à titre exclusif par les gestionnaires de [...] réseaux" ne saurait inclure des prestations susceptibles d'être proposées par des entreprises n'ayant pas le statut de gestionnaire de réseau... ».
2. Exclusion des prestations par des tiers : Le Conseil a précisé que le législateur a voulu limiter les prestations inclues dans la compétence de la Commission de régulation de l'énergie aux seules prestations fournies par les gestionnaires de réseaux. Ainsi, ce cadre légal ne viole pas l'étendue de leur compétence et ne méconnaît pas la liberté d'entreprendre.
Citation pertinente: « [...] le législateur a entendu exclure du champ des prestations fournies à titre exclusif par les gestionnaires de réseaux les prestations susceptibles d'être proposées par des entreprises n'ayant pas cette qualité. »
3. Caractère non sérieux de la QPC : Enfin, le Conseil a noté que la question soulevée par la société Eveler n'était pas nouvelle, et à ce titre, ne présentait pas un caractère sérieux. Le moyen a donc été écarté sans besoin de renvoyer la QPC au Conseil constitutionnel.
Citation pertinente: « [...] la question soulevée, qui n'est pas nouvelle, ne présente pas un caractère sérieux. »
Interprétations et citations légales
1. Code de l'énergie - Article L. 341-3 : Cet article définissant la compétence de la Commission de régulation de l'énergie nous éclaire sur le cadre législatif. Il stipule que les méthodes pour établir les tarifs d'utilisation des réseaux sont fixées par la Commission, soulignant ainsi le contrôle législatif sur ces aspects.
Citation pertinente: « La Commission de régulation de l'énergie fixe également les méthodes utilisées pour établir les tarifs des prestations annexes réalisées à titre exclusif par les gestionnaires de ces réseaux. »
2. Constitution - Article 61-1 : Cet article établit le cadre pour la question prioritaire de constitutionnalité, précisant que toute atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution peut être soulevée dans le cadre d'une instance devant le Conseil d'État. Cela constitue le fondement de la procédure de la Société Eveler, qui a tenté de faire valoir ses droits en lien avec les implications des dispositions contestées.
Citation pertinente: « Le moyen tiré de ce qu'une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution peut être soulevé (...) à l'occasion d'une instance devant le Conseil d'Etat. »
Cette décision souligne donc à la fois le cadre normatif posé par le Code de l'énergie et la nécessité de démontrer la nouveauté et le sérieux des questions constitutionnelles soulevées pour qu'elles soient examinées par le Conseil constitutionnel.