Résumé de la décision
La décision concerne la société Zambon France qui a demandé la restitution d'une partie des cotisations d'impôt sur les sociétés et de contributions sociales pour les années 2008 et 2009. Celle-ci a soutenu qu'elle ne pouvait pas bénéficier du régime d'intégration fiscale visé par l'article 223 A du Code général des impôts, car elle ne pouvait pas former un groupe d'intégration fiscale avec la société ZaCh System SA, détenue à 100 % par une société mère italienne, ce qui était, selon elle, contraire à la liberté d'établissement garantie par le droit européen. La cour administrative d'appel de Versailles a annulé une décision précédente et a fait droit à la demande de Zambon France. Le ministre des Finances a ensuite formé un pourvoi en cassation, qui a été rejeté par la haute juridiction.
Arguments pertinents
Le moyen unique du pourvoi s'articulait autour de l'absence d'accord de la société ZaCh System SA pour former un groupe d'intégration fiscale avec Zambon France. La cour a jugé que le ministre des Finances ne pouvait soulever ce moyen, n’ayant pas été avancé dans les instances inférieures.
La cour a en outre souligné :
> "Le moyen tiré du défaut d'accord de la société ZaCh System SA n'a été soulevé ni devant la cour administrative d'appel de Versailles, ni devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise. Ce moyen n'est pas né de l'arrêt attaqué et n'est pas d'ordre public."
Ainsi, la cour a conclu que le ministre ne pouvait contester la légitimité de la restitution réclamée.
Interprétations et citations légales
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Code général des impôts - Article 223 A
L'article stipule que :> "Une société peut se constituer seule redevable de l'impôt sur les sociétés dû sur l'ensemble des résultats du groupe formé par elle-même et les sociétés dont elle détient 95 % au moins du capital."
Cet article définit clairement les conditions d’une intégration fiscale, notamment la nécessité d’un accord des sociétés membres pour permettre la consolidation des résultats. Cela a été central dans la décision, car la cour a dû équilibrer les exigences légales avec les principes de liberté d'établissement européens.
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Code de justice administrative - Article L. 761-1
La cour a également statué que l’État devait indemniser la société Zambon France selon l'article précité :> "Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros."
Cet article permet aux juridictions administratives de condamner l'État à payer des frais de justice lorsque sa position s’avère infondée.
En conclusion, la décision rejette le pourvoi du ministre des Finances, confirmant la légitimité de la demande de Zambon France pour la restitution d'impôts sur les sociétés, tout en établissant des précisions quant au fonctionnement du régime d'intégration fiscale encadré par des dispositions légales strictes et des principes de droit européen.