Résumé de la décision
La société par actions simplifiée Croc Tout a contesté l'arrêté du 9 février 2018, qui rejetait sa demande de dérogation au repos dominical pour son établissement de vente au détail de produits alimentaires à Corbeil-Essonnes. Le tribunal administratif de Versailles a d'abord rejeté cette demande, mais la cour administrative d'appel de Versailles a annulé ce jugement et l'arrêté, enjoignant au préfet de délivrer une autorisation de dérogation. La ministre du travail a alors formé un pourvoi devant le Conseil d'État, qui a décidé de ne pas l'admettre, considérant que les moyens avancés n'étaient pas suffisants pour justifier l'admission du pourvoi.
Arguments pertinents
1. Erreur de droit et dénaturation des pièces : La ministre soutenait que la cour administrative d'appel avait commis une erreur en tenant compte de l'ouverture de trois commerces alimentaires le dimanche après-midi pour établir un détournement de clientèle, sans vérifier si ces commerces avaient reçu une autorisation pour déroger au repos dominical au-delà de 13 heures. Le Conseil d'État a jugé que ce moyen n'était pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.
2. Absence de mesure d'instruction : La ministre a également argué que la cour avait méconnu son office en ne procédant pas à une mesure d'instruction concernant les conditions d'ouverture des trois commerces. Le Conseil d'État a considéré que ce moyen n'était pas suffisant pour justifier l'admission du pourvoi.
Interprétations et citations légales
1. Code de justice administrative - Article L. 822-1 : Cet article stipule que "Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission." Le Conseil d'État a appliqué cette disposition pour évaluer la recevabilité du pourvoi, en précisant que l'admission peut être refusée si le pourvoi est irrecevable ou ne repose sur aucun moyen sérieux.
2. Erreurs de droit : Le Conseil d'État a souligné que les moyens avancés par la ministre ne démontraient pas une erreur de droit suffisamment grave pour justifier l'annulation de l'arrêt de la cour administrative d'appel. Cela implique que les juges doivent examiner si les décisions antérieures ont respecté les normes juridiques en vigueur, ce qui n'a pas été le cas ici.
3. Détournement de clientèle : La question du détournement de clientèle est centrale dans les litiges concernant les dérogations au repos dominical. Le Conseil d'État a noté que la cour avait pris en compte des éléments de fait (l'ouverture de commerces) sans vérifier les autorisations, ce qui soulève des questions sur la rigueur des preuves nécessaires pour établir un tel détournement.
En conclusion, le Conseil d'État a rejeté le pourvoi de la ministre, considérant que les arguments avancés ne justifiaient pas une révision de la décision de la cour administrative d'appel.