Résumé de la décision
M. A B et Mme C B ont contesté des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et des contributions sociales pour les années 2012, 2013 et 2014, ainsi que les pénalités associées, devant le tribunal administratif de Bordeaux, qui a rejeté leur demande. Leur appel a également été rejeté par la cour administrative d'appel de Bordeaux. Ils ont ensuite formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, qui a décidé de ne pas admettre leur pourvoi, considérant que les moyens soulevés n'étaient pas de nature à permettre son admission.
Arguments pertinents
1. Sur la vérification de comptabilité : M. et Mme B soutenaient que la cour avait méconnu l'article L. 47 C du livre des procédures fiscales en jugeant que l'administration n'était pas tenue d'engager une vérification de comptabilité en cas de découverte d'une activité occulte avant un examen contradictoire. Le Conseil d'État a estimé que ce moyen n'était pas sérieux.
2. Sur le débat oral et contradictoire : Ils ont également argué que l'administration devait soumettre les éléments obtenus de tiers à un débat oral et contradictoire lors d'un contrôle sur pièces. Le Conseil d'État a jugé que ce moyen ne permettait pas l'admission du pourvoi.
3. Sur le caractère exagéré des impositions : M. et Mme B ont contesté la décision de la cour qui a jugé qu'ils n'établissaient pas le caractère exagéré des impositions pour l'année 2013. Le Conseil d'État a considéré que ce moyen n'était pas fondé.
4. Sur l'intention d'éluder l'impôt : Ils ont contesté la conclusion de l'administration sur l'intention délibérée de M. B d'éluder l'impôt. Le Conseil d'État a également rejeté ce moyen.
5. Sur les détournements de fonds : Enfin, ils ont contesté la qualification des détournements de fonds de Mme B comme une activité occulte justifiant une pénalité de 80 %. Le Conseil d'État a jugé que ce moyen n'était pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 47 C du livre des procédures fiscales : Cet article stipule les conditions dans lesquelles l'administration fiscale peut procéder à des vérifications. La cour a jugé que l'administration n'était pas obligée d'engager une vérification de comptabilité en cas de découverte d'une activité occulte avant un examen contradictoire. Cela soulève des questions sur l'interprétation des obligations de l'administration en matière de contrôle fiscal.
2. Contrôle sur pièces : Le Conseil d'État a rappelé que, dans le cadre d'un contrôle sur pièces, l'administration n'est pas tenue de soumettre les éléments obtenus de tiers à un débat oral et contradictoire, ce qui est conforme à la jurisprudence en matière de contrôle fiscal.
3. Articles 92, 93 et 202 du code général des impôts : Ces articles régissent les modalités de détermination des bénéfices non commerciaux et les conditions de déduction des charges. La cour a jugé que M. et Mme B n'avaient pas établi le caractère exagéré des impositions, ce qui souligne l'importance de la charge de la preuve dans les litiges fiscaux.
4. Article 1728 du code général des impôts : Cet article prévoit des pénalités en cas d'intention délibérée d'éluder l'impôt. Le Conseil d'État a confirmé que les détournements de fonds de Mme B pouvaient être qualifiés d'activité occulte, justifiant ainsi l'application de cette pénalité.
En conclusion, le Conseil d'État a rejeté le pourvoi de M. et Mme B, considérant que les moyens soulevés n'étaient pas de nature à remettre en cause les décisions des juridictions inférieures.