Résumé de la décision
M. E G et Mme H D ont contesté deux permis de construire délivrés par le maire de Marseille, en demandant leur annulation pour excès de pouvoir. Le tribunal administratif de Marseille a rejeté leurs demandes par un jugement du 7 avril 2022. M. G et Mme D ont ensuite formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, qui a été examiné par la présidente de la cour administrative d'appel de Marseille. Par une décision rendue le 12 juillet 2023, le Conseil d'État a déclaré le pourvoi irrecevable, considérant que les moyens soulevés par les requérants n'étaient pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.
Arguments pertinents
1. Insuffisance de motivation : Les requérants ont soutenu que le jugement du tribunal administratif était insuffisamment motivé, notamment en ce qui concerne les moyens tirés de la méconnaissance des articles NA 7 et NA 12 du règlement d'urbanisme. Le Conseil d'État a jugé que ce moyen n'était pas suffisant pour admettre le pourvoi.
2. Rejet du recours tardif : Les requérants ont également contesté le rejet du recours contre le permis modificatif, arguant que le tribunal n'avait pas vérifié si le titulaire du permis était le même que celui du permis initial. Le Conseil d'État a considéré que ce moyen ne justifiait pas l'admission du pourvoi.
3. Fraude dans l'obtention du permis : Les requérants ont allégué que le permis initial avait été obtenu par fraude, mais le Conseil d'État a estimé que ce moyen n'était pas fondé.
4. Dénaturation des pièces : Les requérants ont soutenu que le tribunal avait dénaturé les pièces du dossier en écartant les moyens relatifs aux cotes altimétriques et à la hauteur des constructions. Le Conseil d'État a jugé que ce moyen n'était pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.
5. Non-respect du règlement de lotissement : Enfin, les requérants ont contesté l'interprétation du tribunal concernant le respect de l'article 4 du règlement du lotissement. Le Conseil d'État a également rejeté ce moyen.
Interprétations et citations légales
1. Code de justice administrative - Article L. 822-1 : Cet article stipule que "le pourvoi en cassation devant le Conseil d'État fait l'objet d'une procédure préalable d'admission". Le Conseil d'État a appliqué cette disposition pour évaluer la recevabilité du pourvoi, en précisant que l'admission peut être refusée si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux.
2. Insuffisance de motivation : Le Conseil d'État a souligné que les moyens soulevés par les requérants ne démontraient pas une insuffisance de motivation du jugement, ce qui est essentiel pour justifier l'admission d'un pourvoi.
3. Erreur de droit : Les arguments relatifs à des erreurs de droit, notamment concernant la fraude et le respect des règlements d'urbanisme, n'ont pas été jugés suffisamment solides pour remettre en cause le jugement du tribunal administratif.
En conclusion, le Conseil d'État a rejeté le pourvoi de M. G et Mme D, considérant que les moyens avancés n'étaient pas de nature à justifier l'admission du pourvoi, conformément aux exigences posées par l'article L. 822-1 du Code de justice administrative.