Résumé de la décision
La société par actions simplifiée (SAS) Foncière Mozart a contesté, par trois requêtes, le jugement du tribunal administratif de Melun qui avait rejeté ses demandes de réduction des cotisations de taxe foncière sur les propriétés bâties pour les années 2017, 2018 et 2019. Le Conseil d'État, par une décision rendue le 18 juillet 2023, a déclaré le pourvoi de la société irrecevable, considérant que les moyens soulevés n'étaient pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.
Arguments pertinents
1. Irrégularité de la procédure : La société soutenait que le tribunal avait commis une irrégularité en appliquant l'article R. 222-13 du code de justice administrative, alors que sa demande concernait une imposition collectée pour un établissement public foncier de l'État, ce qui aurait dû être jugé par une formation collégiale. Le Conseil d'État a rejeté cet argument, considérant qu'il ne justifiait pas l'admission du pourvoi.
2. Erreur de droit sur l'évaluation foncière : La société a également argué que le tribunal avait commis une erreur de droit en ne tenant pas compte d'un coefficient d'ajustement pour la différence de superficie entre deux locaux-types. Le Conseil d'État a estimé que cet argument ne permettait pas d'admettre le pourvoi.
3. Dénaturation des pièces du dossier : La société a affirmé que le tribunal avait dénaturé les pièces en jugeant que la superficie d'un local était "plus importante" qu'une autre sans reconnaître l'ampleur de la différence. Le Conseil d'État a considéré que cet argument n'était pas suffisant pour admettre le pourvoi.
4. Insuffisance de motivation : La société a soutenu que le jugement était insuffisamment motivé. Le Conseil d'État a jugé que cet argument ne justifiait pas l'admission du pourvoi.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 822-1 du code de justice administrative : Cet article stipule que "Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission." Le Conseil d'État a appliqué cette disposition pour évaluer la recevabilité du pourvoi, en précisant que l'admission peut être refusée si le pourvoi est irrecevable ou non fondé sur un moyen sérieux.
2. Article R. 222-13 du code de justice administrative : Cet article concerne la composition des formations de jugement. La société a contesté l'application de cet article, mais le Conseil d'État a jugé que cela ne constituait pas un moyen sérieux pour admettre le pourvoi.
3. Article 324 AA de l'annexe III du code général des impôts : Cet article traite des coefficients d'ajustement en matière d'évaluation foncière. La société a soutenu que le tribunal avait mal appliqué ces dispositions, mais le Conseil d'État a estimé que cet argument ne justifiait pas l'admission du pourvoi.
En conclusion, le Conseil d'État a rejeté le pourvoi de la société Foncière Mozart, considérant que les arguments soulevés n'étaient pas de nature à remettre en cause le jugement du tribunal administratif de Melun.