Résumé de la décision
La commission du contentieux du stationnement payant a transmis au Conseil d'État une demande d'avis concernant la responsabilité de paiement des forfaits de post-stationnement en cas de cession d'un véhicule à un professionnel de l'automobile. M. C A contestait deux titres exécutoires émis à son encontre pour des forfaits de post-stationnement. Le Conseil d'État a précisé que l'ancien propriétaire doit effectuer certaines déclarations lors de la cession, mais que le professionnel de l'automobile est le redevable des forfaits émis après la cession, même s'il n'a pas effectué la déclaration d'achat.
Arguments pertinents
1. Responsabilité du redevable : Le Conseil d'État a affirmé que le débiteur du forfait de post-stationnement est, en principe, le titulaire du certificat d'immatriculation au moment de l'émission de l'avis de paiement. Cependant, si le véhicule a été cédé à un professionnel, ce dernier devient le débiteur, à condition que l'ancien propriétaire ait respecté ses obligations déclaratives.
> "le débiteur du forfait de post-stationnement et de sa majoration éventuelle est la personne titulaire du certificat d'immatriculation du véhicule à la date d'émission de l'avis de paiement de ce forfait."
2. Obligations déclaratives : L'ancien propriétaire doit effectuer une déclaration de cession dans les quinze jours suivant la vente, tandis que le professionnel doit faire une déclaration d'achat. Ces obligations sont cumulatives et non exclusives.
> "l'ancien propriétaire doit, d'une part, s'acquitter des formalités déclaratives prévues par les dispositions du I et du II de l'article R. 322-4 du code de la route."
3. Conséquences de la non-déclaration : Si le professionnel ne fait pas la déclaration d'achat, il est néanmoins considéré comme le redevable des forfaits émis après la cession, ce qui protège l'ancien propriétaire de toute responsabilité pour ces paiements.
> "lorsque le véhicule est cédé à un professionnel de l'automobile, ce dernier doit être regardé, qu'il ait procédé ou non à la déclaration d'achat [...] comme seul redevable des forfaits de post-stationnement émis après la date de la cession."
Interprétations et citations légales
1. Code général des collectivités territoriales - Article L. 2333-87 : Cet article établit que l'acquéreur d'un véhicule cédé est substitué au titulaire du certificat d'immatriculation pour le paiement des forfaits de post-stationnement. Cela souligne la responsabilité de l'acquéreur en cas de cession.
> "l'acquéreur est substitué au titulaire dudit certificat dans la mise en œuvre des dispositions prévues aux II et IV du présent article."
2. Code de la route - Article R. 322-4 : Cet article précise les obligations de l'ancien propriétaire et du professionnel lors de la cession d'un véhicule. Il établit que l'ancien propriétaire doit faire une déclaration de cession et que le professionnel doit faire une déclaration d'achat.
> "I. - En cas de changement de propriétaire d'un véhicule soumis à immatriculation et déjà immatriculé, l'ancien propriétaire doit effectuer, dans les quinze jours suivant la cession, une déclaration au ministre de l'intérieur."
3. Code de la route - Article L. 330-1 : Cet article traite de l'enregistrement des informations relatives aux véhicules, ce qui est essentiel pour déterminer la responsabilité en matière de stationnement.
> "Il est procédé, dans les services de l'Etat et sous l'autorité et le contrôle du ministre de l'intérieur, à l'enregistrement de toutes informations concernant les pièces administratives exigées pour la circulation des véhicules."
En conclusion, le Conseil d'État a clarifié les responsabilités en matière de paiement des forfaits de post-stationnement en cas de cession de véhicule, établissant que l'ancien propriétaire et le professionnel ont des obligations distinctes mais complémentaires.