Résumé de la décision
La société Tisserin (anciennement Procivis Nord) et la société Tisserin Immobilier (anciennement Holding immobilière du square Foch) ont formé un pourvoi en cassation contre un arrêt de la cour administrative d'appel de Douai qui avait rejeté leur appel concernant des cotisations d'impôt sur les sociétés pour les exercices clos de 2010 à 2015. Le Conseil d'État a décidé de ne pas admettre ce pourvoi, considérant que les moyens invoqués par les sociétés n'étaient pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.
Arguments pertinents
1. Inadmissibilité du pourvoi : Le Conseil d'État a jugé que les arguments présentés par les sociétés Tisserin et Tisserin Immobilier ne constituaient pas des moyens sérieux. En effet, la cour administrative d'appel avait correctement interprété les dispositions fiscales en vigueur.
2. Interprétation de l'article 223 A du CGI : Les requérantes soutenaient que la cour avait méconnu cet article en affirmant qu'une société coopérative d'intérêt collectif ne pouvait pas faire partie d'un groupe fiscalement intégré. Le Conseil d'État a estimé que cette interprétation était fondée sur une bonne compréhension des règles fiscales applicables.
3. Application de l'article L. 80 A du LPF : Les sociétés ont également contesté le refus de la cour d'admettre l'instruction administrative comme fondement de leur argumentation. Le Conseil d'État a confirmé que la cour avait raison de ne pas tenir compte de cette instruction, car elle ne concernait pas le régime fiscal en litige.
Interprétations et citations légales
- Code général des impôts - Article 223 A : Cet article définit les conditions d'intégration fiscale pour les groupes de sociétés. La cour a jugé que la société coopérative d'intérêt collectif ne remplissait pas les conditions d'imposition à l'impôt sur les sociétés dans les conditions de droit commun, ce qui est une condition préalable pour bénéficier de l'intégration fiscale.
- Livre des procédures fiscales - Article L. 80 A : Cet article permet aux contribuables de se prévaloir des instructions administratives pour interpréter les règles fiscales. Cependant, le Conseil d'État a confirmé que la cour avait raison de ne pas accepter l'invocation de l'instruction de 2008, car elle ne s'appliquait pas au régime fiscal en question.
En conclusion, le Conseil d'État a rejeté le pourvoi en considérant que les arguments des sociétés n'étaient pas fondés sur des moyens sérieux, et a ainsi confirmé la décision de la cour administrative d'appel.