Résumé de la décision
M. A B a demandé au juge des référés du Conseil d'État d'annuler une ordonnance du tribunal administratif de Nantes qui avait rejeté sa demande de suspension d'un arrêté préfectoral interdisant son concert prévu le 28 février 2024 au Zénith de Nantes. Le Conseil d'État a constaté que l'appel était devenu sans objet, car le concert était déjà passé, et a donc décidé qu'il n'y avait pas lieu de statuer sur la requête de M. B.
Arguments pertinents
1. Urgence et atteinte aux libertés fondamentales : M. B a soutenu que la condition d'urgence était remplie, étant donné que son concert était imminent. Il a également affirmé que l'arrêté préfectoral portait atteinte à plusieurs libertés fondamentales, notamment la liberté d'expression, la liberté de réunion et la liberté d'entreprendre.
2. Absence de risque avéré : M. B a argumenté que l'interdiction du concert était injustifiée, car les paroles de ses chansons n'étaient pas controversées et n'avaient pas entraîné de troubles lors de précédents concerts. Il a également précisé qu'il n'y avait pas de lien avec des menaces terroristes ou des événements politiques.
3. Décision du juge des référés : Le Conseil d'État a noté que l'interdiction du concert était devenue sans objet, ce qui a conduit à la décision de ne pas statuer sur la requête de M. B.
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-2 du code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés d'ordonner des mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale lorsqu'une atteinte grave et manifestement illégale est constatée. La décision du Conseil d'État a souligné que, dans ce cas, l'urgence et la gravité de l'atteinte n'étaient plus pertinentes, car le concert avait déjà eu lieu.
> "Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale." (Code de justice administrative - Article L. 521-2)
2. Article R. 122-12 du code de justice administrative : Cet article permet au président de la section du contentieux du Conseil d'État de constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête. Le Conseil d'État a appliqué cette disposition pour conclure que l'appel de M. B était devenu sans objet.
> "Le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat peut, par ordonnance, constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête." (Code de justice administrative - Article R. 122-12)
En conclusion, la décision du Conseil d'État repose sur le constat que l'objet de la requête n'était plus d'actualité, ce qui a conduit à l'absence de nécessité d'examiner les arguments relatifs à l'atteinte aux libertés fondamentales.