Résumé de la décision
Les communes de Loudéac et de Saint-Barnabé ont contesté un arrêté préfectoral autorisant l'installation de deux éoliennes par la société Engie Green Vallée du Larhon. La cour administrative d'appel de Nantes a rejeté leur requête. Les communes ont alors formé un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État, demandant l'annulation de l'arrêt de la cour d'appel. Par une décision rendue le 1er mars 2024, le Conseil d'État a déclaré le pourvoi irrecevable, considérant que les moyens soulevés par les communes n'étaient pas de nature à permettre l'admission du pourvoi.
Arguments pertinents
1. Erreur de droit et dénaturation des faits : Les communes ont soutenu que la cour d'appel avait commis une erreur en écartant les moyens relatifs à la distance des éoliennes par rapport aux zones habitées, en se basant sur une interprétation erronée des articles L. 515-47 et L. 515-44 du Code de l'environnement. Le Conseil d'État a jugé que ces moyens n'étaient pas suffisants pour admettre le pourvoi.
2. Modification des prescriptions : Les communes ont également contesté la décision de la cour d'appel qui a considéré que les modifications apportées par l'arrêté du 22 juin 2020 étaient postérieures à la demande d'autorisation. Le Conseil d'État a estimé que cet argument ne justifiait pas l'admission du pourvoi.
3. Avis d'enquête publique : Les communes ont fait valoir que l'avis d'enquête publique ne comportait pas les mentions requises. Le Conseil d'État a considéré que cet argument ne suffisait pas à établir une erreur de droit.
4. Destruction d'espèces protégées : Les communes ont également soutenu que le pétitionnaire aurait dû demander une dérogation pour la destruction d'espèces protégées. Le Conseil d'État a jugé que cet argument ne justifiait pas l'admission du pourvoi.
5. Méconnaissance de l'article L. 511-1 : Enfin, les communes ont invoqué une méconnaissance de l'article L. 511-1 du Code de l'environnement. Le Conseil d'État a également écarté cet argument.
Interprétations et citations légales
1. Code de l'environnement - Article L. 515-47 et L. 515-44 : Ces articles régissent les conditions d'implantation des éoliennes, notamment en ce qui concerne la distance par rapport aux zones habitées. Le Conseil d'État a interprété que la cour d'appel avait correctement appliqué ces dispositions en considérant que les éoliennes étaient situées à une distance conforme.
2. Code de l'environnement - Article L. 511-1 : Cet article impose des obligations en matière de protection de l'environnement. Le Conseil d'État a jugé que les arguments des communes ne démontraient pas une violation de ces obligations.
3. Code de justice administrative - Article L. 822-1 : Cet article stipule que le pourvoi en cassation doit être fondé sur des moyens sérieux. Le Conseil d'État a conclu que les moyens soulevés par les communes n'étaient pas de nature à justifier l'admission du pourvoi, confirmant ainsi la décision de la cour d'appel.
En conclusion, le Conseil d'État a rejeté le pourvoi des communes, considérant que les arguments avancés n'étaient pas suffisants pour remettre en cause la décision de la cour administrative d'appel de Nantes.