Résumé de la décision
La société EcoDDS a introduit une requête devant le Conseil d'État pour demander l'annulation d'un alinéa de l'article 2 de l'arrêté du 1er décembre 2020, qui modifie le cahier des charges des éco-organismes pour les déchets diffus spécifiques (DDS) ménagers. Le Conseil d'État a constaté que la commission inter-filières de responsabilité élargie des producteurs n'avait pas été consultée sur un dispositif introduit dans cet arrêté, ce qui a conduit à une procédure irrégulière. En conséquence, le Conseil d'État a annulé les dispositions contestées, avec un effet différé au 1er janvier 2022, et a condamné l'État à verser 3 000 euros à la société EcoDDS au titre des frais de justice.
Arguments pertinents
1. Irregularité de la procédure : Le Conseil d'État a souligné que la commission inter-filières, qui doit être consultée pour avis sur les projets d'arrêtés concernant les éco-organismes, n'a pas été consultée sur le dispositif de majoration des barèmes pour les collectivités des territoires d'outre-mer. Cela constitue une violation des exigences procédurales établies par le Code de l'environnement.
> "Il ressort des pièces du dossier que la société Eco-DDS soutient, sans être contredite, qu'il résulte du compte-rendu de la réunion de cette commission du 24 novembre 2020 que celle-ci n'a pas été consultée sur le dispositif de majoration des barèmes."
2. Effets dans le temps de l'annulation : Le Conseil d'État a décidé de différer l'effet de l'annulation au 1er janvier 2022 pour éviter des conséquences excessives sur les situations établies pendant la période où l'arrêté était en vigueur.
> "Compte tenu des effets excessifs d'une annulation rétroactive pour la stabilité des situations qui ont pu se constituer lorsque l'arrêté attaqué était en vigueur, il y a lieu de différer l'effet de son annulation au 1er janvier 2022."
3. Condamnation de l'État : Le Conseil d'État a également statué sur la mise à la charge de l'État d'une somme de 3 000 euros au titre des frais de justice, en raison de l'irrégularité de la procédure.
Interprétations et citations légales
1. Consultation de la commission inter-filières : L'article D. 541-6-1 du Code de l'environnement stipule que la commission inter-filières doit être consultée pour avis sur les projets d'arrêtés portant cahiers des charges des éco-organismes. Cette obligation de consultation est essentielle pour garantir la légitimité et la transparence des décisions administratives.
> Code de l'environnement - Article D. 541-6-1 : "La commission inter-filières de responsabilité élargie des producteurs [...] est consultée pour avis notamment sur : / les projets d'arrêtés portant cahiers des charges impartis aux éco-organismes ou systèmes individuels de chaque filière."
2. Effets de l'annulation : Le Conseil d'État a fait référence à sa propre jurisprudence pour justifier le différé de l'effet de l'annulation, soulignant l'importance de la stabilité des situations juridiques.
> "Il y a lieu de différer l'effet de son annulation au 1er janvier 2022, comme l'a fait le Conseil d'État par sa décision n° 425116 du 7 juillet 2021."
Cette décision illustre l'importance de respecter les procédures administratives et les obligations de consultation, ainsi que la nécessité de prendre en compte les conséquences pratiques des annulations d'actes administratifs.