Résumé de la décision
M. A..., de nationalité sénégalaise, a contesté un refus d'enregistrement de sa demande d'asile par l'administration française, demandant que le juge des référés ordonne l'enregistrement et la délivrance de l'attestation de demandeur d'asile. Par la suite, le préfet des Bouches-du-Rhône a convoqué M. A... pour enregistrer sa demande, entraînant la perte d'objet des conclusions initiales. La décision du juge des référés a donc déclaré qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur la requête. De plus, l'État a été condamné à verser 1 500 euros à l'avocat de M. A... au titre de l'aide juridictionnelle.
Arguments pertinents
Dans sa décision, le juge des référés a mis en avant plusieurs éléments juridiques significatifs :
1. Urgence et droit d'asile : Le juge a souligné que le droit constitutionnel d'asile est une liberté fondamentale. Toute atteinte à ce droit justifie l'intervention du juge des référés : « Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale » (Code de justice administrative - Article L. 521-2).
2. Approbation de l'État responsable : La convocation du préfet à l'enregistrement de la demande d’asile a été interprétée comme une reconnaissance que la France était l’État responsable, empêchant ainsi le transfert de M. A... vers l’Italie : « [Cette convocation] fait obstacle au transfert de celui-ci vers l'Italie ».
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur plusieurs interprétations des textes juridiques applicables :
1. Règlement (UE) n° 604/2013 : Ce règlement détermine quel État membre est responsable de l'examen d'une demande d’asile. Il indique que l'enregistrement doit se faire dans un délai défini et que dans le cas où l'État responsable ne respecte pas ses obligations, l'individu en situation précaire pourrait ne pas être transféré : « En application de l'article 29 de ce règlement, et sauf dans les cas de prolongation qu'il prévoit en cas d'emprisonnement ou de fuite de la personne concernée, le transfert ne peut avoir lieu que dans un délai de six mois ».
2. Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) - Article L. 742-3 : Cet article précise que les étrangers dont l'examen de la demande d’asile relève de la responsabilité d'un autre État peuvent être transférés, mais cela doit respecter les règles, notamment celles établies par le règlement européen cité précédemment.
3. Aide juridictionnelle : La disposition sur l'aide juridictionnelle souligne que lorsque l'aide est accordée, l'État peut être condamné à verser des honoraires à l'avocat, dans ce cas précis de M. A... : « Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son avocat » (Code de justice administrative - Article L. 761-1 et loi n° 91-647 du 10 juillet 1991).
Cette analyse met en lumière l'importance cruciale de la protection du droit d'asile et les obligations des États membres dans ce contexte, ainsi que la portée de l'aide juridictionnelle.