Résumé de la décision
Dans cette décision, il est question du régime juridique de la taxe sur les surfaces commerciales, établie par la loi n° 72-657 du 13 juillet 1972. Au cœur de l'analyse, la question centrale est de déterminer si cette taxe est considérée comme un impôt local, et par conséquent de savoir quel tribunal est compétent pour en juger. La décision conclut que la taxe sur les surfaces commerciales, bien qu'elle comprenne une majoration de 50 % affectée au budget de l'État depuis 2015, demeure un impôt local car elle est majoritairement affectée aux communes et aux établissements publics de coopération intercommunale. En conséquence, le tribunal administratif est compétent pour statuer sur les litiges relatifs à cette taxe.
Arguments pertinents
1. Nature de l'impôt : La décision souligne que la taxe sur les surfaces commerciales, en raison de son affectation majoritaire aux collectivités territoriales, constitue un impôt local. L’article R. 811-1 du code de justice administrative précise que le tribunal administratif se prononce en premier et dernier ressort sur les litiges relatifs aux impôts locaux.
> "Pour l'application de ces dispositions, doit être regardé comme un impôt local tout impôt dont le produit, pour l'année d'imposition en cause, est majoritairement affecté aux collectivités territoriales."
2. Impact des modifications législatives : Malgré la disposition introduite en 2015 concernant la majoration de 50 % de la taxe, la décision affirme que cela n’affecte pas son caractère d'impôt local. Cela reste en cohérence avec le fait que le produit de la taxe est encore majoritairement affecté aux collectivités.
> "La circonstance que, depuis le 1er janvier 2015 ... le produit de la majoration de 50 % ... soit affecté au budget de l'État ... ne remet pas en cause le caractère d'impôt local."
Interprétations et citations légales
1. Article 3 de la loi n° 72-657 : Cet article établit la base de la taxe sur les surfaces commerciales, stipulant que cette taxe est applicable aux établissements dès qu'ils dépassent une certaine superficie. Il énonce également des modifications complémentaires apportées par la loi n° 2014-1655 qui précisent l’augmentation de la taxation pour certains établissements :
> "Il est institué une taxe sur les surfaces commerciales assise sur la surface de vente ... dès lors qu'elle dépasse 400 mètres carrés ..."
2. Article 77 de la loi n° 2009-1673 : Cet article est fondamental pour la détermination du mode de perception de la taxe par les communes et les établissements publics. Il stipule clairement que le produit de cette taxe est perçu par la commune où est situé l’établissement imposable, modifiant ainsi son statut en tant qu'impôt local au sens des dispositions légales :
> "À compter du 1er janvier 2011, la taxe sur les surfaces commerciales ... est perçue au profit de la commune sur le territoire de laquelle est situé l'établissement imposable."
3. Code de justice administrative - Article R. 811-1 : En fournissant une définition des impôts locaux, cet article renforce le caractère local de la taxe sur les surfaces commerciales en éclairant sur le critère d'affectation des produits fiscaux.
> "Le tribunal administratif statue en premier et dernier ressort ... sur les litiges relatifs aux impôts locaux ..."
En conclusion, la décision clarifie le cadre juridique de la taxe sur les surfaces commerciales, réaffirmant qu’elle reste un impôt local, avec le tribunal administratif compétent pour examiner les litiges s’y rapportant, indépendamment des modifications apportées par la loi.