Résumé de la décision
M. A... a contesté un jugement du tribunal administratif de Bordeaux qui a rejeté sa demande de décharge de suppléments d'impôt sur le revenu et de contributions sociales pour l'année 2008. Il a saisi la cour d'un appel et demandé au juge des référés de suspendre la mise en recouvrement de ces impositions, arguant que le recouvrement provoquerait un préjudice irrémédiable. Toutefois, la cour a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, en raison du manque d'informations financières précises fournies par M. A.... En conséquence, la demande de suspension a été rejetée, tout comme sa demande relative aux frais de procès.
Arguments pertinents
1. Conditions de la suspension de mise en recouvrement : La décision stipule que pour que le juge des référés puisse ordonner la suspension, il faut :
- Qu'il soit établi un doute sérieux sur la légalité de l'imposition.
- Que la condition d'urgence soit satisfaite, c'est-à-dire que le recouvrement crée des conséquences graves pour le contribuable.
Citation pertinente : « Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : [...] le juge des référés [...] peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ces effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ».
2. Insuffisance des éléments fournis par le contribuable : Malgré les affirmations de M. A... concernant le préjudice qu'il pourrait subir, la cour constate qu'il n'a pas fourni d'éléments concrets, telle une évaluation de sa situation financière, ce qui rend difficile l'appréciation de l'urgence de sa demande.
Citation pertinente : « Toutefois, il ne donne aucune indication chiffrée ni sur le montant de ses revenus, ni sur ses disponibilités financières, ni sur la valeur de son patrimoine tant immobilier que mobilier. »
Interprétations et citations légales
1. Interprétation de l'urgence : L'urgence est appréciée par le juge des référés sur la base des conséquences du recouvrement des impositions sur le contribuable. La cour souligne que la charge de la preuve incombe au demandeur pour établir le risque de préjudice grave.
Citation légale : « Pour vérifier si la condition d'urgence est satisfaite, le juge des référés doit apprécier la gravité des conséquences que pourraient entraîner, à brève échéance, l'obligation de payer sans délai l'imposition [...]. »
2. Inadéquation des demandes : L'article L. 522-3 du code de justice administrative est mis en avant pour justifier le rejet de la demande, compte tenu de l'absence de preuve d'urgence et, potentiellement, de la maladresse ou de l'irrecevabilité des conclusions présentées.
Citation légale : « [...] le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 », soulignant ainsi l'importance de la présentation d'arguments solides et d'éléments probants dans les requêtes.
Conclusion
En conclusion, la cour a rejeté la demande de suspension de la mise en recouvrement de l'imposition contestée, car M. A... n'a pas démontré l'urgence requise pour justifier cette mesure. Cette décision illustre l'importance pour les contribuables de fournir des éléments financiers précis afin de soutenir leurs demandes devant le juge des référés en matière fiscale.