Résumé de la décision
La Cour administrative d'appel de Marseille, par une ordonnance du 2 septembre 2016, a rejeté la requête de M. D..., ressortissant marocain, qui demandait la suspension de l'exécution de l'arrêté préfectoral du 26 octobre 2015 lui refusant un titre de séjour et lui ordonnant de quitter le territoire français. M. D... soutenait que sa présence en France était justifiée par ses attaches familiales et sa situation professionnelle. La Cour a estimé qu'il ne présentait pas de moyens suffisants pour établir un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté.
Arguments pertinents
1. Condition d'urgence : La Cour a d'abord constaté que M. D... ne prouva pas l'absence d'alternatives pour vivre avec sa famille dans son pays d'origine. Elle a constaté que "M. D... n'établit aucune circonstance faisant obstacle à la poursuite, dans son pays d'origine, de sa vie familiale avec la ressortissante marocaine" épouse et leur enfant.
2. Absence de présence habituelle : La Cour a noté que les preuves fournies par M. D... ne démontraient pas sa résidence continue en France depuis 2001, en particulier pendant la période 2005-2008, d'où l'affirmation que "les pièces dont il se prévaut... ne sont pas de nature à démontrer sa présence habituelle".
3. Doutes sur la légalité de l'arrêté : En ce qui concerne les moyens juridiques avancés par M. D..., la Cour a conclu qu’"aucun des moyens invoqués par le requérant n'est de nature... à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté critiqué".
Interprétations et citations légales
1. Article L. 521-1 du Code de justice administrative : Cet article permet au juge des référés de suspendre une décision administrative lorsque l'urgence est justifiée et qu'il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision. La Cour a appliqué cette disposition en soulignant que "quand une décision administrative... fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés... peut ordonner la suspension de cette décision... lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision...".
2. Article L. 313-11 7° du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Les moyens tirés de ce texte concernant les conditions de recours à un titre de séjour n’ont pas été jugés suffisants pour faire naître un doute sur la légalité de l'arrêté contesté.
3. Article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme : La Cour a évalué les arguments relatifs à la vie familiale en considérant que la situation de M. D... ne justifiait pas un droit de séjour en France, ce qui s'inscrit dans le cadre de l'appréciation prudente des droits familiaux face aux régulations sur l’immigration.
4. Article 3-1 de la Convention internationale relative aux droits de l'enfant : Les réclamations relatives à la méconnaissance de ce texte n’ont pas été jugées suffisantes pour affecter la légalité de l'arrêté, rendant ainsi compte de l'interprétation restrictive des circonstances entourant la vie de l'enfant par rapport aux situations d'immigration.
Dans l’ensemble, la décision souligne la rigueur avec laquelle les recours en référé doivent démontrer l'urgence et la légitimité du contexte juridique en fonction des éléments présentés.