Résumé de la décision
M. B...A..., ressortissant béninois, a demandé l'annulation d'un arrêté préfectoral du 11 juillet 2017, qui rejetait sa demande de titre de séjour en France et l'obligeait à quitter le territoire. Le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande d'annulation par un jugement en date du 7 novembre 2017. En appel, la cour a confirmé cette décision, considérant que l'arrêté préfectoral était suffisamment motivé et que M. A... ne fournissait pas de preuves adéquates concernant ses liens personnels et familiaux en France, ni de son absence de liens au Bénin.
Arguments pertinents
1. Motivation de l'arrêté : La cour a jugé que l'arrêté préfectoral exposait clairement les considérations de fait relatives à la situation personnelle de M. A..., le rendant ainsi suffisant sur le plan de la motivation. Le fait qu'il n'évoque pas la présence des frères et de la compagne de M. A... n'affecte pas la régularité de la décision.
2. Analyse des liens personnels et familiaux : La cour a évalué la situation de M. A... au regard des critères énoncés à l'article L. 313-11 (7º) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle a indiqué que les liens de M. A... en France, bien que présents, n'étaient pas suffisamment solides pour justifier un titre de séjour, citant sa relation avec sa compagne et le manque d'ancienneté de celle-ci.
3. Incertitudes sur les origines et les attaches au pays d'origine : La cour a relevé des contradictions dans les déclarations de M. A... concernant ses attaches au Bénin. Elle a noté qu'il a pu valsé entre deux versions de son départ du Bénin, ce qui affaiblit ses arguments concernant l'urgence de son séjour en France.
Interprétations et citations légales
1. Coût de l'article L. 313-11 : Selon le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 313-11, la délivrance d'une carte de séjour au titre de "vie privée et familiale" est soumise à plusieurs critères, notamment l'intensité, l'ancienneté et la stabilité des liens personnels et familiaux en France. L'article précise également qu’"aucune condition prévue à l'article L. 311-7" n'est exigée dans ce cadre, soulignant ainsi que la situation personnelle doit être examinée dans son ensemble.
2. Évaluation de l'insertion dans la société française : L'arrêt stipule que l'insertion de l'étranger doit être évaluée en considérant sa connaissance des "valeurs de la République". Le préfet avait fondé sa décision sur l'insuffisance des éléments apportés par M. A... concernant sa véritable insertion.
3. Conclusion sur le respect de la vie privée et familiale : La cour a conclu qu'"en l'espèce", la situation de M. A..., bien qu'il réside en France depuis plusieurs années, ne lui conférait pas un droit indiscutable à la régularisation de son séjour. La cour considère que le refus d'un titre de séjour ne portait pas atteinte de manière disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Cette décision s’appuie sur une analyse approfondie, comme indiqué : "le refus de délivrer un titre de séjour est justifié par le manque de preuves quant à l'intensité des relations établies."
Ces positions placent la cour en accord avec les principes posés par le droit, tout en marquant l’importance de preuves tangibles dans les demandes de régularisation de séjour.