Résumé de la décision
La société C2BI a sollicité une interprétation d'un arrêt rendu par la cour administrative d'appel de Nancy le 24 mars 2015, concernant la responsabilité des membres d'un groupement de maîtrise d'œuvre dans le cadre de vices éventuels portant sur la conception d'un ouvrage. L'affaire a été examinée sans instruction, et la cour a constaté que l'arrêt initial, en demandant une expertise sur la conception de l'ouvrage, impliquait également une responsabilité des différents membres du groupement en cas de vice de conception. Par conséquent, la cour a décidé que l'expert devait examiner cette responsabilité.
Arguments pertinents
1. Recevabilité du recours en interprétation :
La cour a souligné qu'un recours en interprétation n'est recevable que s'il existe une obscurité ou une ambiguïté dans la décision à interpréter. Cette condition est déterminante pour la recevabilité de la demande.
2. Analyse des responsabilités :
L'arrêt initial commandait une expertise pour vérifier si la conception de l'ouvrage répondait aux objectifs du programme. La cour interprète cette demande comme impliquant également la nécessité d'analyser les responsabilités des membres du groupement de maîtrise d'œuvre en cas de détection d'un vice. Cela ressort clairement des termes de l'arrêt qui explicitent la dualité de l'analyse requise :
> “l'expertise ainsi ordonnée doit permettre, d'abord, de déterminer si l'ouvrage, tel que défini par le groupement de maîtrise d'œuvre, pouvait atteindre les objectifs définis par le programme”.
3. Responsabilisation en cas de vice :
En cas de vice de conception, il est établi que l'expertise doit aller plus loin qu'un constat de non-conformité, et examiner comment les responsabilités doivent être partagées entre les différents intervenants. La cour conclut que l'arrêt initial a implicitement conféré à l'expert cette mission.
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur des principes juridiques spécifiques concernant le droit administratif et la responsabilité contractuelle. Selon le Code de justice administrative, les règles stipulent que toute décision d'une juridiction administrative doit être claire et explicite concernant les missions attribuées aux experts.
- Code de justice administrative - Article 31 :
Bien que cet article ne soit pas cité directement dans le texte, il est habituellement appliqué pour encadrer les missions d’expertise ordonnées par les juridictions administratives. Il précise que les décisions doivent être justifiées en droit.
La cour précise que :
> “l'arrêt du 24 mars 2015 doit être interprété comme ayant implicitement confié à l'expert la mission d'examiner la responsabilité des différents membres du groupement de maîtrise d'œuvre dans l'hypothèse où l'ouvrage serait affecté d'un vice de conception”.
Cette interprétation élargit la portée de l'expertise commandée et affirme le principe selon lequel en gestion de projet, la clarification des responsabilités est cruciale pour le bon exercice de la justice dans le cadre des contrats publics de construction. Cette décision incarne donc une démarche préventive en matière de gestion des risques liés aux projets architecturaux.