Résumé de la décision
La Cour administrative d'appel de Paris a été saisie par le ministre du travail, qui contestait un jugement du Tribunal administratif de Paris daté du 2 juin 2015. Ce jugement annulait une décision du ministre du 21 juillet 2014, qui retirait une décision implicite d'acceptation d'agrément accordée à l'association Service aux entreprises pour la santé au travail (SEST). La Cour a confirmé la décision des premiers juges, estimant que l'annulation du retrait faisait revivre la décision implicite d'agrément de l'association. De plus, elle a condamné l'Etat à verser 1 500 euros à l’association au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Arguments pertinents
1. Illégalité de la décision du ministre : La Cour a confirmé que le jugement du Tribunal administratif a correctement vu l'illégalité de la décision du ministre qui n’avait pas respecté une procédure contradictoire. Elle a observé qu'« il est justifié que l’annulation de la décision du 21 juillet 2014 a pour effet de faire revivre la décision implicite d’acceptation ».
2. Conséquences de l'annulation : Le ministre soutenait qu'après l'annulation, la décision implicite d’acceptation ne devait pas être considérée comme ayant revécu, mais la Cour a jugé le contraire, en affirmant que, conformément à l'article R. 4622-52 du code du travail, « le silence gardé pendant plus de quatre mois sur une demande d’agrément vaut décision d’agrément ».
3. Irrecevabilité du recours : Bien que l'association ait soulevé l'irrecevabilité du recours du ministre, la Cour a préféré se concentrer sur le fond plutôt que de statuer sur cette fin de non-recevoir.
Interprétations et citations légales
1. Article R. 4622-52 du Code du travail : Cet article stipule que « le silence gardé pendant plus de quatre mois... vaut décision d'agrément ». Cela met en avant le principe du silence administratif, en l'occurrence, qui est favorable au requérant. La Cour s’est appuyée sur cet article pour justifier le retour à la situation d’agrément tacite après l’annulation de la décision.
2. Article L. 761-1 du Code de justice administrative : Cet article permet au juge d’ordonner le paiement d’une somme à titre de frais irrépétibles, ce qui a conduit la Cour à condamner l'Etat à verser 1 500 euros à l'association. La décision souligne « qu'il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat au titre de ces dispositions une somme de 1 500 euros ».
3. Principes du droit administratif : La décision renforce l'importance de la procédure contradictoire dans le retrait d'un agrément administratif. Le ministre ne peut pas agir unilatéralement sans passer par une procédure adéquate qui garantit le droit de défense.
Ainsi, la décision de la Cour illustre la protection des droits des demandeurs dans le cadre de l'agrément administratif, en insistant sur la nécessité d'une procédure régulière et en confirmant l'effet revivificateur d'une décision annulée, en conformité avec les normes législatives en vigueur.