Résumé de la décision
M. A..., ressortissant algérien, a contesté un arrêté du préfet de police daté du 10 septembre 2015 qui refusait de lui délivrer un titre de séjour "vie privée et familiale", en lui imposant une obligation de quitter le territoire français. Le Tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande d'annulation de cet arrêté, décision qui a été confirmée par la Cour administrative d'appel. La Cour a considéré que M. A... n’avait pas su attester de manière probante et satisfaisante de sa résidence en France depuis plus de dix ans, comme requis par les dispositions de l'accord franco-algérien.
Arguments pertinents
La Cour a examiné plusieurs arguments soulevés par M. A..., mais a conclu qu'aucun d'eux n’était fondé. Notamment, elle a souligné que :
1. Motivation de la décision : M. A... a soutenu que la décision préfectorale n'était pas suffisamment motivée et qu'elle n'avait pas été prise après un examen complet de sa situation. Cependant, la Cour a estimé que le préfet avait justifié son refus en indiquant que M. A... n'avait pas prouvé sa résidence continue en France pendant la période requise. Elle a affirmé que "le préfet de police a rejeté la demande de M. A... au motif que ce dernier n'a pu attester de manière probante et satisfaisante du caractère ancien et habituel de sa résidence en France depuis plus de dix années."
2. Violation des accords et conventions : M. A... a également invoqué des violations des stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien et de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme. Toutefois, la Cour a précisé que ces articles avaient été correctement appliqués en fonction des éléments de preuve présentés.
3. Erreur manifeste d'appréciation : M. A... a soutenu qu'il y avait eu une erreur manifeste d'appréciation dans l'examen de sa situation personnelle. La Cour a rejeté cet argument, considérant que le préfet avait pris en compte les documents fournis, qui n'étaient pas suffisants pour prouver la continuité de sa résidence.
Interprétations et citations légales
La décision de la Cour fait référence à plusieurs textes de loi clés :
- Accord franco-algérien (27 décembre 1968, modifié) :
- Article 6 : "Le certificat de résidence d'un an portant la mention 'vie privée et familiale' est délivré de plein droit : 1°) Au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans ou plus de quinze ans si, au cours de cette période, il a séjourné en qualité d'étudiant."
La Cour a interprété cet article en considérant que M. A... devait prouver de façon convaincante une continuité et une ancienneté de sa résidence en France, ce qu'il n'a pas pu faire selon les critères d'appréciation de la préfecture.
- Code de justice administrative :
- Article L. 761-1 : Cet article stipule que les frais irrépétibles peuvent être mis à la charge de l'État lorsque cela est justifié. La Cour a écarté les demandes de M. A... relatives à ce point, considérant qu'il n'y avait pas lieu d'indemniser ses frais.
En somme, la décision souligne l’importance de prouver la continuité de la résidence en France selon les critères établis par l'accord franco-algérien. Les conclusions de la Cour montrent le respect des dispositions légales applicables dans l’application des droits des étrangers, tout en insistant sur le besoin d’un degré de preuve suffisant pour faire valoir des droits au séjour.