Résumé de la décision
La Cour d'appel de Paris a rendu une ordonnance le 4 novembre 2022 concernant l'appel interjeté par M. [T] [E] [F], un ressortissant guinéen, contre une décision du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Paris. Ce dernier avait ordonné la prolongation de son maintien en rétention administrative pour une durée maximale de vingt-huit jours. La Cour a déclaré l'appel irrecevable, considérant que les moyens soulevés par l'appelant ne justifiaient pas une contestation valable de la décision initiale.
Arguments pertinents
1. Insuffisance de motivation de l'arrêté de placement en rétention : La Cour a jugé que le préfet n'était pas tenu de mentionner tous les éléments de la situation personnelle de M. [T] [E] [F] dans sa décision. Les motifs avancés par le préfet étaient suffisants pour justifier le placement en rétention. La Cour a noté que l'appelant n'avait pas fourni d'arguments pertinents pour contester la motivation retenue par le premier juge, et que les documents présentés ne démontraient pas une incompatibilité de son état de santé avec la mesure de rétention.
> "le préfet n'est pas tenu de faire état dans sa décision de tous les éléments de la situation personnelle de l'intéressé, que les motifs positifs qu'il retient suffisent à justifier le placement en rétention."
2. Disproportion de la mesure : Le deuxième moyen soulevé par l'appelant, relatif à la disproportion de la mesure de rétention, a également été jugé irrecevable. La Cour a souligné qu'aucune mesure moins coercitive n'était applicable en raison de l'absence totale de garanties fournies par l'appelant.
> "aucune mesure moins coercitive n'étant applicable en l'absence totale de garantie."
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur plusieurs articles du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article R. 743-11 : Cet article stipule que l'appel doit être formé par une déclaration motivée et permet le rejet d'un appel manifestement irrecevable sans convocation préalable des parties. La Cour a appliqué cet article pour justifier le rejet de l'appel de M. [T] [E] [F].
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 743-23 : Cet article permet également le rejet d'un appel manifestement irrecevable. La Cour a estimé qu'il était d'une bonne administration de la justice de faire application de cet article dans le cas présent.
> "l'appel doit être formé par une déclaration motivée ; en cas d'appel manifestement irrecevable, celui-ci peut être rejeté sans convocation préalable des parties."
En conclusion, la Cour d'appel a confirmé la décision du juge des libertés et de la détention, considérant que les arguments de M. [T] [E] [F] ne constituaient pas des motifs valables pour contester la légalité de son placement en rétention.