Résumé de la décision
La Cour d'appel de Paris a rendu une ordonnance le 4 novembre 2022 concernant l'appel interjeté par M. [E] [F], un ressortissant algérien retenu au centre de rétention de [Localité 2]. L'appel contestait la légalité de son placement en rétention, ordonné par le juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Paris le 2 novembre 2022. La Cour a déclaré l'appel irrecevable, considérant que les moyens soulevés par l'appelant ne justifiaient pas une contestation valable de la décision initiale.
Arguments pertinents
1. Insuffisance de motivation de l'arrêté de placement : La Cour a jugé que le moyen invoqué par M. [E] [F] concernant l'insuffisance de motivation de l'arrêté de placement en rétention n'était pas recevable. En effet, le préfet n'est pas tenu de mentionner tous les éléments de la situation personnelle de l'intéressé dans sa décision. Les motifs retenus par le préfet étaient suffisants pour justifier le placement en rétention, notamment l'absence de documents d'identité et de domicile stable, ainsi que le refus de quitter la France.
> "le préfet n'est pas tenu de faire état dans sa décision de tous les éléments de la situation personnelle de l'intéressé, que les motifs positifs qu'il retient suffisent à justifier le placement en rétention."
2. Disproportion de la mesure : Le deuxième moyen, qui soutenait que la mesure de rétention était disproportionnée, a également été rejeté. La Cour a noté qu'aucune mesure moins coercitive n'était applicable en raison de l'absence totale de garanties fournies par l'intéressé.
> "aucune mesure moins coercitive n'étant applicable en l'absence totale de garantie."
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur plusieurs articles du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment :
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article R. 743-11 : Cet article stipule que l'appel doit être formé par une déclaration motivée et permet le rejet d'un appel manifestement irrecevable sans convocation préalable des parties.
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 743-23 : Cet article autorise le rejet d'un appel manifestement irrecevable, renforçant ainsi la possibilité pour la Cour de ne pas convoquer les parties lorsque les arguments ne sont pas fondés.
La Cour a donc appliqué ces dispositions pour conclure à l'irrecevabilité de l'appel, soulignant l'importance de la motivation adéquate des décisions administratives et la nécessité de garanties pour éviter des mesures de rétention.
En résumé, la décision de la Cour d'appel de Paris illustre l'application stricte des règles de procédure en matière de rétention des étrangers, tout en affirmant que les autorités administratives ne sont pas tenues de justifier chaque aspect de la situation personnelle des individus concernés.