Résumé de la décision
La Cour d'appel de Rennes a statué sur l'appel formé par M. [P] [H] contre une ordonnance du juge des libertés et de la détention du Tribunal judiciaire de Rennes, qui avait rejeté son recours contre un arrêté de placement en rétention administrative. L'ordonnance contestée avait été notifiée le 5 juin 2024 à 15h40, et l'appel a été interjeté le 6 juin 2024 à 15h43, soit plus de 24 heures après la notification. La cour a déclaré l'appel irrecevable en raison du non-respect du délai légal.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de l'appel : La cour a constaté que l'appel avait été formé après l'expiration du délai de 24 heures prévu par la loi. Selon l'article R743-10 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), l'appel doit être interjeté dans les 24 heures suivant la notification de l'ordonnance. En l'espèce, l'appel a été déposé plus de 24 heures après la notification, ce qui le rend manifestement irrecevable.
> "L'ordonnance du juge des libertés et de la détention est susceptible d'appel devant le premier président de la cour d'appel, dans les vingt-quatre heures de son prononcé..."
2. Délai de notification : La cour a précisé que le délai court à compter de la notification faite à l'étranger, et non à partir de la date de l'ordonnance elle-même. Cela souligne l'importance de la notification pour le commencement du délai d'appel.
Interprétations et citations légales
1. Article L741-23 du CESEDA : Cet article permet au premier président de la cour d'appel ou à son délégué de rejeter les déclarations d'appel manifestement irrecevables sans convoquer les parties. Cela confère à la cour une certaine latitude pour gérer les appels qui ne respectent pas les conditions légales.
> "Le premier président de la cour d'appel ou son délégué peut, par ordonnance motivée et sans avoir préalablement convoqué les parties, rejeter les déclarations d'appel manifestement irrecevables."
2. Article R743-10 du CESEDA : Cet article précise les modalités de l'appel, notamment le délai de 24 heures à respecter. La cour a appliqué cet article pour justifier l'irrecevabilité de l'appel de M. [P] [H].
> "Lorsque l'étranger n'assiste pas à l'audience, le délai court pour ce dernier à compter de la notification qui lui est faite."
En conclusion, la décision de la Cour d'appel de Rennes repose sur une application stricte des délais légaux prévus par le CESEDA, soulignant l'importance du respect des procédures dans le cadre des recours en matière de rétention administrative.