Résumé de la décision
La Cour d'appel de Paris a rendu une ordonnance le 08 juin 2024 concernant l'appel interjeté par Mme [T] [O] [Y], de nationalité brésilienne, contre une décision du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Meaux. Ce dernier avait ordonné la prolongation de sa rétention administrative pour une durée de vingt-huit jours. La Cour a rejeté l'appel de Mme [T] [O] [Y], considérant que les arguments présentés ne permettaient pas de remettre en cause la décision de rétention.
Arguments pertinents
1. Absence de garanties de représentation : La Cour a noté que l'appelante n'a pas fourni d'arguments pertinents pour contester la décision du premier juge, notamment en ce qui concerne l'absence de domicile effectif, certain et stable. La Cour a souligné que l'intéressée n'a pas justifié son domicile allégué, reconnaissant être en France depuis un mois après son retour du Brésil.
2. Motivation de la décision du préfet : Concernant l'absence de motivation de la décision du préfet au sujet des enfants de l'appelante, la Cour a estimé que ce moyen était infondé. Le préfet avait mentionné les deux enfants de l'intéressée, mais celle-ci n'a pas prouvé leur prise en charge effective, ce qui a conduit à l'absence de mesures moins coercitives.
3. Violation de l'article 8 de la CEDH : La Cour a également rejeté la contestation relative à la violation de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH), précisant que cette question relevait de l'appréciation de la situation de l'appelante sur le territoire, échappant ainsi à la compétence du juge judiciaire.
Interprétations et citations légales
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L.743-23 : Cet article permet le rejet sans audience des déclarations d'appel contre une décision du juge des libertés et de la détention lorsque les éléments fournis ne permettent pas de mettre fin à la rétention administrative. La Cour a appliqué cet article pour justifier le rejet de l'appel de Mme [T] [O] [Y].
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article R 743-11 : Cet article stipule que les parties doivent être informées de la possibilité de faire valoir leurs observations sur le caractère manifestement irrecevable de l'appel. La Cour a respecté cette procédure en informant les parties le 8 juin 2024.
En conclusion, la décision de la Cour d'appel de Paris repose sur une analyse rigoureuse des arguments présentés par l'appelante, en se fondant sur les dispositions légales pertinentes qui régissent la rétention administrative et les droits des étrangers en France.