Résumé de la décision
Le 1er octobre 2023, le Préfet de la Gironde a pris un arrêté d'obligation de quitter le territoire français à l'encontre de Monsieur [R] [U], de nationalité algérienne, assorti d'une interdiction de retour de deux ans. Monsieur [R] [U] a été placé en rétention administrative le 5 juillet 2024. Le 7 juillet 2024, le juge des libertés et de la détention a prolongé cette rétention pour une durée de 28 jours. Monsieur [R] [U] a interjeté appel de cette ordonnance, mais son appel a été déclaré irrecevable par la Cour d'appel de Bordeaux, en raison de l'absence de motivation dans sa déclaration d'appel.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de l'appel : La Cour a statué que l'appel de Monsieur [R] [U] était manifestement irrecevable, conformément à l'article R 743-14 du Code de l'Entrée et du Séjour des Étrangers et du Droit d'Asile. Cet article stipule que les déclarations d'appel non motivées sont irrecevables. La Cour a noté que, bien que Monsieur [R] [U] ait rempli le formulaire d'appel, il n'a pas exposé les motifs de son appel, ce qui constitue une condition essentielle pour la recevabilité.
2. Absence d'interprète : Le conseil de Monsieur [R] [U] a soulevé que son client n'était pas assisté d'un interprète lors de la formalisation de son appel. Cependant, la Cour a jugé que cela ne suffisait pas à justifier la recevabilité de l'appel, car l'absence de motivation reste le critère déterminant.
Interprétations et citations légales
- Article R 743-14 du Code de l'Entrée et du Séjour des Étrangers et du Droit d'Asile : Cet article précise que les déclarations d'appel doivent être motivées pour être recevables. La Cour a appliqué cette disposition en déclarant l'appel de Monsieur [R] [U] irrecevable, soulignant que "l'appel formé par M. [U] [R] sera donc déclaré irrecevable" en raison de l'absence de motifs.
- Article L 743-23 du même Code : Cet article stipule que les déclarations d'appel non motivées sont manifestement irrecevables. La Cour a fait référence à cette disposition pour justifier sa décision, affirmant que "tel est le cas de celle de M. [U] [R] qui a bien rempli le formulaire d'appel de sa main en étant en capacité de mentionner son identité mais n'a pas exposé, même succinctement, le ou les motifs de son appel."
En conclusion, la décision de la Cour d'appel de Bordeaux repose sur une interprétation stricte des exigences de motivation des appels en matière de rétention administrative, conformément aux dispositions légales en vigueur.