Résumé de la décision
La Cour d'appel de Paris a rendu une ordonnance le 14 juin 2024 concernant l'appel interjeté par M. [C] [P], un ressortissant algérien, contre une décision du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Paris. Ce dernier avait ordonné la prolongation de la rétention administrative de M. [C] jusqu'au 10 juillet 2024. La Cour a rejeté l'appel, considérant qu'il était manifestement irrecevable, en raison de l'absence d'arguments sérieux et de la non-contestation préalable de l'arrêté de placement en rétention.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de l'appel : La Cour a souligné que la déclaration d'appel de M. [C] ne contenait aucun argument substantiel pour contester la décision du juge des libertés. Selon l'article L. 741-10 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ne peut contester l'arrêté de placement en rétention sans avoir préalablement introduit une requête dans les quarante-huit heures suivant la notification de la décision.
2. Absence de garanties de représentation : La Cour a également noté que M. [C] ne pouvait pas se prévaloir de garanties de représentation devant le juge judiciaire, en raison de l'absence de remise d'un passeport valide à un service de police ou de gendarmerie, comme l'exige l'article L. 743-13 du même code.
3. Conclusion sur la mesure de rétention : La Cour a conclu qu'aucun élément de la déclaration d'appel ne justifiait la cessation de la mesure de rétention, entraînant ainsi le rejet de l'appel.
Interprétations et citations légales
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 743-23 - 2° : Cet article permet au premier président de la cour d'appel ou à son délégué de rejeter des déclarations d'appel manifestement irrecevables sans convoquer les parties. La Cour a appliqué cette disposition pour justifier le rejet de l'appel de M. [C].
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 741-10 : Cet article stipule que le placement en rétention ne peut être contesté que par une requête adressée au juge des libertés dans un délai de quarante-huit heures. La Cour a souligné que M. [C] n'avait pas respecté cette exigence, ce qui a contribué à l'irrecevabilité de son appel.
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 743-13 : Cet article précise que, pour se prévaloir de garanties de représentation, l'étranger doit avoir remis un passeport valide à un service de police ou de gendarmerie. La Cour a noté que M. [C] ne remplissait pas cette condition, ce qui a renforcé la décision de maintenir sa rétention.
En somme, la décision de la Cour d'appel repose sur une interprétation stricte des dispositions légales relatives à la rétention administrative, soulignant l'importance du respect des procédures établies pour contester de telles mesures.