Résumé de la décision
La Cour d'appel de Paris a rendu une ordonnance le 14 novembre 2022 concernant l'appel interjeté par M. [Z] [D] [L], un ressortissant libyen retenu au centre de rétention administrative de Mesnil Amelot 3. L'appel visait à contester l'ordonnance du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Meaux, qui avait prolongé sa rétention pour une durée de vingt-huit jours. La Cour a déclaré l'appel irrecevable, considérant que les moyens soulevés par l'appelant ne justifiaient pas une contestation valable de la décision initiale.
Arguments pertinents
1. Insuffisance de motivation de l'arrêté de placement en rétention : La Cour a jugé que le préfet n'était pas tenu de mentionner tous les éléments de la situation personnelle de l'intéressé dans sa décision. Les motifs retenus, notamment l'absence de documents d'identité valides et de domicile stable, suffisaient à justifier le placement en rétention. La Cour a précisé que "les motifs positifs qu'il retient suffisent à justifier le placement en rétention".
2. Disproportion de la mesure : Le deuxième moyen soulevé par l'appelant n'a pas été jugé pertinent, car il ne contenait pas d'arguments utiles pour contester la décision du premier juge. La Cour a noté qu'aucune mesure moins coercitive n'était applicable en raison de l'absence totale de garanties.
3. Défaut de diligence : La Cour a considéré que ce moyen était infondé, les autorités consulaires libyennes ayant été dûment saisies, ce qui démontre que les démarches nécessaires avaient été entreprises.
Interprétations et citations légales
La décision s'appuie sur plusieurs articles du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article R. 743-11 : Cet article stipule que l'appel doit être formé par une déclaration motivée et permet le rejet d'un appel manifestement irrecevable sans convocation préalable des parties. La Cour a appliqué cet article pour justifier le rejet de l'appel de M. [Z] [D] [L].
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L. 743-23 : Cet article permet également le rejet d'un appel manifestement irrecevable. La Cour a souligné qu'il était d'une bonne administration de la justice de faire application de cet article dans le cas présent.
La Cour a ainsi conclu que l'appel était irrecevable, en se fondant sur le fait que les moyens avancés par l'appelant ne constituaient pas des arguments valables pour contester la décision initiale. La décision a été notifiée aux parties, avec indication des voies de recours possibles, notamment le pourvoi en cassation, qui est ouvert à l'étranger et à l'autorité administrative ayant prononcé la rétention.