Résumé de la décision
La Cour d'appel de Paris a rendu une ordonnance le 17 juin 2024 concernant l'appel interjeté par M. [D] [F], un ressortissant pakistanais, contre une décision du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Paris. Ce dernier avait ordonné la prolongation de la rétention administrative de M. [D] pour une durée maximale de 30 jours. La Cour a jugé l'appel manifestement irrecevable, considérant qu'il ne contenait aucun argument sérieux justifiant la fin de la rétention, notamment en raison de l'absence de passeport valide et des démarches en cours pour obtenir un laissez-passer consulaire.
Arguments pertinents
La Cour a fondé sa décision sur l'article L. 743-23 -2° du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui permet de rejeter des appels manifestement irrecevables sans convoquer les parties. Elle a constaté que l'appel de M. [D] ne présentait pas d'éléments nouveaux ou de contestations valables concernant la décision de prolongation de sa rétention. En effet, la Cour a souligné que l'impossibilité d'exécuter la mesure d'éloignement était due à l'absence de passeport valide, et que l'administration avait déjà engagé des démarches auprès des autorités consulaires pakistanaises pour obtenir un laissez-passer. La Cour a donc conclu que "Aucun élément de la déclaration d'appel ne permet manifestement de justifier qu'il soit mis fin à la mesure".
Interprétations et citations légales
L'article L. 743-23 -2° du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile stipule que le premier président de la cour d'appel peut rejeter des déclarations d'appel manifestement irrecevables, notamment lorsque "aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative". Cette disposition vise à assurer une bonne administration de la justice en évitant des procédures inutiles lorsque les éléments de l'affaire ne justifient pas un examen approfondi.
La Cour a également fait référence à l'article L. 742-4 du même code, qui précise que l'appel doit contenir des arguments réels et sérieux de contestation. En l'espèce, la Cour a noté que les éléments fournis par M. [D] ne permettaient pas de remettre en question la légitimité de la prolongation de sa rétention, ce qui a conduit à la décision de rejet de son appel.
En conclusion, la décision de la Cour d'appel de Paris illustre l'application stricte des dispositions légales en matière de rétention administrative, en mettant l'accent sur la nécessité de présenter des arguments substantiels pour contester une telle mesure.