Résumé de la décision
La Cour d'appel de Paris a rendu une ordonnance le 19 juin 2024 concernant l'appel interjeté par M. [Y] [J], un ressortissant algérien retenu dans un centre de rétention. L'appel visait à contester une ordonnance du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Paris, qui avait prolongé son maintien en rétention pour une durée maximale de 30 jours. La Cour a jugé l'appel manifestement irrecevable et a décidé de le rejeter sans convocation préalable des parties, en se fondant sur les dispositions du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de l'appel : La Cour a appliqué l'article L 743-23, alinéa 1, du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui permet de rejeter un appel manifestement irrecevable sans convocation des parties. La Cour a estimé que l'appel de M. [Y] [J] ne remplissait pas les conditions nécessaires pour être recevable.
2. Diligences administratives : La Cour a souligné que les diligences de l'administration avaient été établies par le premier juge, qui avait détaillé les efforts réalisés pour obtenir un laissez-passer consulaire. M. [Y] [J] a contesté l'absence de ce document, mais la Cour a précisé que l'administration n'était pas tenue d'obtenir un laissez-passer à ce stade de la procédure.
3. Critique de l'appel : La critique principale de M. [Y] [J] concernant la nécessité de surmonter les obstacles à l'exécution de la mesure d'éloignement à « brefs délais » a été jugée infondée, car l'article L742-4 2° ne stipule pas une telle exigence.
Interprétations et citations légales
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L 743-23 : Cet article stipule que « en cas d'appel manifestement irrecevable, celui-ci peut être rejeté sans convocation préalable des parties ». La Cour a utilisé cette disposition pour justifier le rejet immédiat de l'appel.
- Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile - Article L742-4 2° : Cet article concerne les prolongations de maintien en rétention. La Cour a interprété que la loi ne requiert pas que les obstacles à l'éloignement soient surmontés dans un délai court, ce qui a été un point central dans l'évaluation de la recevabilité de l'appel.
En conclusion, la décision de la Cour d'appel de Paris repose sur une interprétation stricte des dispositions légales relatives à la rétention des étrangers, affirmant que les arguments de M. [Y] [J] ne suffisent pas à établir la recevabilité de son appel.