Résumé de la décision
La Cour d'appel de Paris a rendu une ordonnance le 21 juin 2024 concernant l'appel interjeté par M. [S] [H], de nationalité malgache, contre une décision du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Paris. Ce dernier avait ordonné la prolongation de la rétention de M. [S] [H] pour une durée maximale de 30 jours. La Cour a jugé l'appel manifestement irrecevable, en raison de l'absence d'illégalité dans la décision contestée et de la compétence exclusive du juge administratif pour examiner les questions relatives au séjour et à l'éloignement.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de l'appel : La Cour a constaté que l'appel de M. [S] [H] ne soulevait pas d'illégalité susceptible d'affecter les conditions de sa rétention. En effet, l'absence d'audition et de laissez-passer ne constitue pas un motif valable pour contester la prolongation de la rétention, car ces éléments ne sont pas pris en compte pour la deuxième prolongation selon l'article L. 742-4 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
2. Compétence du juge administratif : La Cour a rappelé que le juge administratif est seul compétent pour connaître de la légalité des décisions relatives au séjour et à l'éloignement, même si ces illégalités sont invoquées par voie d'exception dans le cadre d'une contestation devant le juge judiciaire. Cela est en accord avec la jurisprudence constante, notamment l'arrêt de la 1re Chambre civile du 27 septembre 2017 (pourvoi n° 17-10.207).
Interprétations et citations légales
- Article L 743-23 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : Cet article stipule que "en cas d'appel manifestement irrecevable, celui-ci peut être rejeté sans convocation préalable des parties". La Cour a appliqué cet article pour justifier le rejet de l'appel, considérant qu'il ne soulevait pas de questions juridiques valables.
- Article L. 742-4 du même code : Cet article précise les conditions de prolongation de la rétention, indiquant que l'absence d'audition et de laissez-passer ne sont pas des éléments pertinents à ce stade. La Cour a donc conclu que les griefs soulevés par M. [S] [H] ne remettaient pas en cause la légalité de la décision de prolongation.
- Jurisprudence : La Cour a cité la décision de la 1re Civ. du 27 septembre 2017 pour illustrer que le juge administratif est le seul compétent pour traiter des questions de légalité concernant le séjour et l'éloignement, renforçant ainsi son argumentation sur l'irrecevabilité de l'appel.
En conclusion, la Cour d'appel a rejeté l'appel de M. [S] [H] en raison de son caractère manifestement irrecevable, en se fondant sur des dispositions légales claires et une jurisprudence établie.