Résumé de la décision
Dans l'affaire opposant le préfet des Hauts-de-Seine à M. [B] et d'autres parties, la Cour de cassation a été saisie suite à une ordonnance du 8 avril 2022, rendue par le premier président de la cour d'appel de Paris. Cette ordonnance avait déclaré sans objet l'appel du préfet relatif à une mesure de hospitalisation complète de M. [B], qui avait été réintégré peu après l'adoption de l'arrêté du 21 mars 2022. La Cour de cassation a cassé cette ordonnance, estimant que le juge aurait dû statuer sur la demande du préfet au lieu de constater l'absence d'objet. La cassation n’implique pas de renvoi, car les délais pour statuer sur la mesure étaient expirés.
Arguments pertinents
1. Obligation de statuer : La Cour a rappelé qu'il appartient au juge, lorsqu'il est régulièrement saisi, de statuer sur les demandes présentées. Le préfet soutenait que "l'arrêté du 21 mars 2022 ayant été exécuté [...] il appartenait au juge d'appel de se prononcer sur la demande tendant au maintien de la mesure d'hospitalisation complète".
2. Erreurs de procédure : Le premier président a été critiqué pour avoir déclaré l'appel sans objet, en invoquant la réintégration de M. [B] en hospitalisation. La Cour a souligné que cette décision viole les articles 4 et 5 du Code de procédure civile, qui établissent que “le juge doit statuer sur les demandes dont il est régulièrement saisi”.
Interprétations et citations légales
1. Article 4 du Code de procédure civile : Ce texte établit le principe selon lequel “le juge doit statuer, même en l'absence des parties, sur l'ensemble des demandes”. La Cour a souligné l'importance pour le juge de trancher les questions qui lui sont déférées, plutôt que de rejeter la demande comme devenue sans objet.
2. Article 5 du Code de procédure civile : Celui-ci stipule que “Le juge ne peut pas surseoir à statuer que dans les cas prévus par la loi”. Dans cette affaire, il était en dehors de son office en refusant de statuer sur la mesure d'hospitalisation complète, après que le préfet a demandé une prolongation.
3. Application des textes : La cassation a été prononcée en vertu des articles L. 411-3, alinéa 1er, du Code de l'organisation judiciaire et 627 du Code de procédure civile, précisant que “la cassation n’implique pas qu’il soit à nouveau statué sur le fond, mais souligne que les délais légaux pour statuer étaient expirés, laissant donc sans sujet la mesure.”
Cette décision met en exergue l'importance pour les juridictions de respecter leurs compétences et d’assurer une réponse judiciaire claire aux demandes formulées, en particulier dans les cas touchant aux libertés individuelles.