Résumé de la décision
L'arrêt rendu par la Cour de cassation le 6 février 2018 concerne la requête de Mmes Claire A... et Agnès Y..., qui demandaient la rétractation d'un précédent arrêt du 17 octobre 2017. Cet arrêt avait rejeté leur pourvoi contre une décision de la cour d'appel d'Amiens les condamnant pour travail dissimulé. La chambre criminelle a estimé que la déclaration de constitution de leur avocat était arrivée après l'expiration du délai imparti par la loi, sans qu'aucune dérogation ait été accordée. Malgré la présentation d'arguments et documents par les requérantes indiquant une erreur de greffe, la Cour a maintenu sa position et a rejeté la demande de rétractation.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de la constitution : La Cour a souligné que la constitution de l'avocat des requérantes était tardive. Selon la décision, "la déclaration de constitution... est parvenue dans les formes légales au greffe après l'expiration du délai" imparti, rendant le pourvoi irrecevable.
2. Absence de mémoire personnel : Le rejet du pourvoi a également été motivé par le fait que les demanderesses n'avaient pas déposé de mémoire personnel dans le délai requis. La Cour a précisé que "les demanderesses au pourvoi n'avaient déposé, dans le même délai, aucun mémoire personnel".
3. Non-reconnaissance de l'erreur alléguée : Concernant l'allégation d'erreur commise par le greffe, la Cour a déclaré que "seule fait foi, pour juger de sa recevabilité, la constitution déposée au greffe de la chambre criminelle" et que les documents présentés ne pouvaient pas établir la recevabilité de leur demande.
Interprétations et citations légales
La décision repose sur l'interprétation stricte des délais de procédure prévus par le Code de procédure pénale. En particulier, l'article 585-1 de ce code, qui réglemente les délais de constitution, a été au cœur des débats. Selon cet article :
- Code de procédure pénale - Article 585-1 : « La déclaration de constitution de l'avocat doit parvenir au greffe dans un délai de dix jours stipulé à compter de la notification de la décision attaquée. »
La Cour a appliqué cet article de manière rigoureuse, affirmant que la date de réception de la déclaration, telle qu'apposée par le greffe, est celle qui doit être considérée pour apprécier la recevabilité de la demande. La décision de la Cour de cassation souligne ainsi l'importance de respecter les délais procéduraux et le rôle du greffe dans la validité des documents reçus.
L’interprétation portée par la Cour sur le fait que seule la date apposée par le greffe fait foi pour apprécier la recevabilité a été déterminante pour rejeter la requête. La citation précise que « les requérantes ne produisent pas d'autre constitution que celle portant une date d'arrivée postérieure à celle d'expiration du délai ».
En conclusion, la décision mérite d’être aussi un rappel sur la rigueur des délais procéduraux en matière pénale et sur l’importance de s’assurer que toutes les formalités soient respectées pour préserver les droits des parties impliquées.