Résumé de la décision
Dans cette affaire, M. [G] [E] a formé un pourvoi contre l'arrêt de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Lyon, qui avait rejeté sa demande de confusion de peines. Il avait été condamné à dix ans de réclusion criminelle pour un viol par la cour d'assises du Gard en 2014 et à huit ans d'emprisonnement pour un autre viol par la cour d'assises du Rhône en 2018. La Cour de cassation, par un arrêt du 6 octobre 2021, a rejeté son pourvoi, considérant que le grief soulevé ne permettait pas d'admettre le pourvoi au sens de l'article 567-1-1 du code de procédure pénale.
Arguments pertinents
1. Inconstitutionnalité et principe d'égalité : La Cour a rappelé que, selon la décision n° 2021-925 du Conseil constitutionnel, les dispositions de l'article 710, alinéa 2, qui crée une distinction entre les condamnés selon la nature de la peine (criminelle ou correctionnelle) sont contraires au principe d'égalité devant la justice.
> « [...] les dispositions de l'article 710, alinéa 2, du code de procédure pénale, portent atteinte au principe d'égalité devant la justice [...] »
2. Effet de l'inconstitutionnalité : Malgré cette déclaration d'inconstitutionnalité, le Conseil constitutionnel a décidé de reporter l'abrogation des dispositions contestées au 31 décembre 2021, précisant que les mesures prises avant cette date ne peuvent être contestées.
> « [...] l'abrogation immédiate des dispositions contestées entraînerait des conséquences manifestement excessives [...] »
3. Base légale de l'arrêt : La Cour a conclut que, bien que la chambre de l’instruction ait statué en vertu de l'article 710, alinéa 2, l'arrêt attaqué ne souffrait pas d'un défaut de base légale.
> « [...] l'arrêt attaqué ne se trouve pas privé de base légale. »
Interprétations et citations légales
La décision de la Cour de cassation fait référence à plusieurs dispositions juridiques importantes :
- Code de procédure pénale - Article 710 : Cet article régit les demandes de confusion de peines. La Cour a souligné comment les alinéas de cet article se heurtent aux principes d'égalité énoncés dans la Déclaration des droits de l'homme, en créant une distinction injustifiée entre les condamnés.
- Déclaration des droits de l'homme : Les articles 6 et 16, qui précisent le droit à un procès équitable et le principe d'égalité devant la loi, ont été évoqués pour argumenter contre les différences de traitement entre les condamnés selon la nature de leur peine.
La décision de la Cour de cassation illustre l'importance de la conformité des lois nationales aux principes constitutionnels, en soulignant que même les lois en vigueur doivent respecter les droits fondamentaux garantis par la Constitution.