Résumé de la décision
La Cour de cassation, dans son arrêt du 7 mars 2018, a rejeté le pourvoi formé par M. Mustapha X... à l'encontre d'une décision de la cour d'appel de Lyon, qui avait confirmé le licenciement de ce dernier pour inaptitude. M. X... contestait la régularité de la procédure de constatation de son inaptitude par le médecin du travail, arguant qu'une des visites médicales avait eu lieu alors qu'il était encore en arrêt de travail. La cour a jugé que les visites médicales avaient été effectuées conformément à la législation en vigueur.
Arguments pertinents
1. Sur la validité des visites médicales : La cour a estimé que le médecin du travail avait correctement constaté l'inaptitude de M. X... à travers deux visites médicales réalisées aux dates des 5 et 20 novembre 2012. Ce faisant, la cour a considéré que la première visite pouvait être envisagée de manière valide malgré le fait que M. X... était encore en arrêt de travail, car il avait été déclaré consolidé à partir du 22 octobre 2012.
> "Il importait peu dans ce contexte que cette visite de reprise soit intervenue au cours de la dernière journée d'arrêt de travail de M. X..."
2. Sur l'absence de volonté de non-reprise de travail : La cour a également pris en compte le fait qu'il n'y avait pas eu de manifestation de volonté de M. X... de ne pas reprendre son travail, ce qui a permis d'utiliser la visite médicale pour apprécier son aptitude.
> "En l'état de cette consolidation et en l'absence de toute manifestation du salarié d'une volonté de ne pas reprendre le travail, il appartenait à l'employeur... de faire procéder par le médecin du travail à un examen médical de reprise."
Interprétations et citations légales
Les articles du Code du travail appliqués dans cette décision concernent la régularité de la procédure de constatation de l'inaptitude, spécifiquement :
- Code du travail - Article R. 4624-23 : Cet article stipule que les visites médicales de reprise après un arrêt de travail doivent être réalisées à compter de la reprise effective du travail par le salarié.
- Code du travail - Article R. 4624-31 : Cet article indique que l'inaptitude doit être déterminée par deux visites médicales distinctes, espacées de deux semaines.
La cour a fondé son raisonnement sur une interprétation qui considère que la consolidation de l'état de santé de M. X... permettait à son employeur d'organiser une visite médicale avant la reprise effective. En ce sens, la cour a jugé que les conditions de constatation de l'inaptitude étaient respectées :
> "La cour d'appel a violé les articles L.1226-7, L.1226-9, L.1226-13, R.4624-22, R.4624-23 et R.4624-31 du code du travail."
Ainsi, la décision de la cour d'appel a été validée par la Cour de cassation, établissant un précédent sur l'application des règles relatives à l'inaptitude dans le cadre d'un licenciement consécutif à un accident du travail.