Résumé de la décision
La Cour de Cassation, par sa décision du 9 novembre 2022, a rejeté le pourvoi formé par Mme [S] [T] à l'encontre d'un arrêt de la cour d'appel de Riom. Le litige concernait la charge des réparations de la toiture d'un bâtiment donné à bail à la SARL [M]. La cour d'appel avait condamné Mme [T] à prendre en charge l'intégralité de la réfection de la toiture, ce qui a donné lieu à deux moyens de cassation invoqués par la requérante. Après examen, la Cour de Cassation a jugé que les moyens n'étaient pas de nature à entraîner la cassation.
Arguments pertinents
1. Sur la qualification des grosses réparations :
Le premier moyen de cassation fait valoir que la cour d'appel n'a pas correctement appliqué les dispositions relatives aux grosses réparations (Code civil - Article 606). La requérante argue que, selon cet article, les grosses réparations concernent principalement les gros murs et les voûtes, sans que la cour n'ait établi que la réfection de la toiture exigeait un rétablissement complet. La Cour a statué en considérant que "les moyens de cassation annexés ne sont manifestement pas de nature à entraîner la cassation", ce qui souligne qu'elle n'a pas trouvé d'irrégularité dans la décision relative à la qualification des réparations.
2. Sur la contrainte exercée par l'usufruitier :
Le second moyen invoque que la cour d'appel a dénaturé l'acte de donation en considérant que l'usufruitier n'a pas le droit d'exiger du nu-propriétaire des travaux de grosses réparations (Code civil - Article 605 et 606). Mme [T] soutenait que la clause de l'acte de donation stipule explicitement que la charge des grosses réparations incombe aux donataires, ce qui contredirait la décision de la cour d’appel. Là encore, la Cour a considéré que les moyens n’étaient pas suffisamment fondés pour justifier une cassation.
Interprétations et citations légales
1. Interprétation des articles sur les réparations :
Les articles 605 et 606 du Code civil établissent clairement le cadre des responsabilités relatives aux grosses réparations. L’article 606 stipule qu’elles comprennent les gros murs, les voûtes, ainsi que le rétablissement des poutres et des couvertures entières. La cour d’appel a retenu, malgré la contestation, que la couverture devait être rétablie en son entier, jugeant que les travaux étaient nécessaires pour garantir l’intégrité de la toiture.
2. Dénaturation de l'écrit :
L’argument selon lequel l’expertise n’appuyait pas la nécessité d’effectuer des travaux complets car les conclusions de l’expert indiquaient seulement des fissures et des plaques usées, s'oppose à une interprétation stricte des rapports d'expertise qui peuvent, dans ce contexte, justifier l'exécution des travaux. La Cour a donc pris en compte que les conclusions de la cour d’appel ne dénaturent pas le sens de l’écrit, tel que requis par l'article 455 du Code de procédure civile.
En conclusion, la décision de la Cour de cassation souligne l'importance de la distinction entre les types de réparations et la capacité des parties de prévoir contractuellement la répartition des responsabilités sous l'égide du Code civil. La Cour a confirmé que les moyens présentés ne suffisaient pas à entraîner une révision de la décision de la cour d'appel.