Résumé de la décision
Dans l'affaire n° V 20-85.796 F-D, la Cour de cassation, dans son arrêt du 13 avril 2021, a examiné un pourvoi formé par le procureur général contre un arrêt de la cour d'appel d'Angers qui avait relaxé la société [Personne physico-morale 1] de l'infraction de non-transmission de l'identité et de l'adresse du conducteur d'un véhicule verbalisé pour excès de vitesse. Le 16 novembre 2017, la société avait reçu un avis de contravention, et un second avis pour non-transmission a été émis le 2 janvier 2018. En première instance, la société avait été condamnée à une amende, mais la cour d'appel a infirmé cette condamnation. La Cour de cassation a finalement cassé l'arrêt de la cour d'appel, estimant que celle-ci n'avait pas suffisamment justifié sa décision.
Arguments pertinents
1. Sur la présemption de la date d'envoi : La cour d'appel a fondé sa décision sur l'absence de preuve extrinsèque et objective concernant la date d'envoi de l'avis de contravention, ce qui, selon la Cour de cassation, constitue une insuffisance dans le raisonnement. Il est crucial de rappeler que M. [T], représentant de la société, n'a pas contesté la mention selon laquelle l'avis a été « édité le 17 novembre 2017 et envoyé au détenteur du véhicule ». Cela indique que la présomption de la date d'envoi devrait être retenue en l'absence de contestation.
2. Sur la nécessité de la justification : La décision de relaxe de la cour d'appel est jugée insuffisamment motivée. L'arrêt stipule que « l'insuffisance ou la contradiction des motifs équivaut à leur absence » (Code de procédure pénale - Article 593), ce qui signifie que la cour d'appel devait fournir des justifications claires et appropriées pour sa décision.
Interprétations et citations légales
1. Code de la route - Article L.121-6 : Cet article précise que le représentant légal d'une personne morale dispose d'un délai de quarante-cinq jours pour communiquer l'identité et l'adresse du conducteur à la suite d'un avis de contravention. Il joue un rôle central dans l'évaluation du respect des délais et des procédures.
2. Code de procédure pénale - Article 593 : La Cour de cassation se fonde sur cet article pour rappeler que toute décision judiciaire doit être dûment motivée. La phrase clé, « l'insuffisance ou la contradiction des motifs équivaut à leur absence », souligne l'obligation pour la juridiction d’exposer clairement son raisonnement pour assurer la légitimité de sa décision.
3. Sur la nécessité d'ordonner une instruction supplémentaire : La cour d'appel aurait dû, selon la Cour de cassation, ordonner un supplément d'information afin de vérifier certains faits, notamment la date à laquelle l'amende correspondant à l'infraction initiale avait été payée. La position de la juridiction d'appel selon laquelle « il appartient, par principe, à la partie poursuivante de lui présenter d'emblée un dossier complet » peut être vue comme une interprétation restrictive qui ne tient pas compte des obligations de vérification lorsque des doutes raisonnables subsistent.
La Cour de cassation a, par conséquent, jugé que l’arrêt de la cour d'appel devait être annulé pour non-respect des exigences de motivation et de preuve dans la procédure de contravention.