Résumé de la décision
La Cour de cassation a examiné plusieurs pourvois interjetés par des salariées à l'encontre d'un jugement du conseil de prud'hommes de Mont-de-Marsan. Ces salariées contestaient une décision qui les déboutait de demandes relatives à l'application de la convention collective 3011, concernant le calcul de l'ancienneté et les congés payés. Les pourvois ont été rejetés, la Cour ne jugeant pas les moyens de cassation invoqués suffisamment fondés pour entraîner une cassation. Elle a également condamné les salariées aux dépens et a rejeté leurs demandes au titre de l'article 700 du code de procédure civile.
Arguments pertinents
Les juges du conseil de prud'hommes avaient constaté divers éléments concernant l'application de la convention collective et les accords d'entreprise. Notamment :
1. Changement de mode de calcul de l'ancienneté :
L'ancien mode de calcul basé sur un pourcentage du salaire de base a été remplacé par un calcul forfaitaire selon les années de présence, avec modulation par avenants conventionnels. Le conseil a souligné que ce changement avait été entériné par des accords d'entreprise.
2. Accords d'entreprise :
Les accords de 1997 et 1999 précisaient que les salariés bénéficiant des calculs de la convention 3111 continueraient à en bénéficier jusqu'à ce que la nouvelle convention prenne le relais. À cet égard, le conseil a noté qu'aucun accord formalisé n'avait eu lieu depuis 1999.
3. Validité de la demande au regard du délai :
La cour a relevé que la contestation de la situation par les salariées s'était manifestée tardivement, rendant difficile le soutien de leur demande d'application de la convention 3111 face au consensus de 9 ans, qui pouvait être interprété comme un usage.
La Cour de cassation a confirmé ces motifs, déclarant qu'ils justifiaient le rejet des demandes des salariées.
Interprétations et citations légales
Dans cette décision, plusieurs articles de la législation ont été spécifiquement évoqués pour étayer le raisonnement des juges :
- Code du travail - Article L. 2232-16 et Article L. 2232-17 :
Ces articles régissent les conditions de modification d'accords collectifs au sein des entreprises. Les juges ont noté qu'aucun nouvel accord d'entreprise n'avait été formalisé depuis 1999, ce qui a eu un impact direct sur les droits des salariées.
- Code du travail - Article L. 3245-1 :
Cet article stipule la prescription des actions en justice concernant les créances de salaires. Le conseil a appliqué cet article pour encadrer les délais dans lesquels les salariées pouvaient formuler leurs demandes.
- Code civil - Article 1134 :
Cet article, qui met en exergue les effets des engagements contractuels, a été cité pour discuter de la dénaturation alléguée de la convention collective 3111, affirmant que le conseil n'avait pas violé cette disposition.
- Code de procédure civile - Article 455 :
La décision faisait également référence à ce texte qui impose aux juges d’examiner tous les éléments de preuve. Le conseil a été critiqué pour ne pas avoir pris en compte un tableau de calcul présenté par Mme X..., mais a été soutenu par la Cour par le rejet de cette condamnation.
Ainsi, la décision est fondée sur une interprétation stricte des accords collectifs existants et des dispositions législatives relatives au droit du travail, tout en respectant les procédures légales établies pour la contestation des droits des salariés.