Résumé de la décision
La Cour de cassation, dans sa décision du 16 novembre 2022, a rejeté le pourvoi formé par M. [G] [Y] et Mme [E] contre un arrêt rendu le 29 octobre 2020 par la cour d'appel de Pau concernant l'indemnisation liée à l'expropriation d'une parcelle de terrain par la Communauté d'Agglomération Pays Basque. Les demandeurs contestaient le montant des indemnités fixées à 88.648 euros. La Cour a considéré que le moyen de cassation invoqué n'était pas de nature à entraîner la cassation.
Arguments pertinents
1. Fondement des indemnités d'expropriation : Les indemnités doivent couvrir l'intégralité du préjudice direct, matériel et certain causé par l'expropriation. La Cour d'appel avait évalué la parcelle expropriée comme un terrain à bâtir encombré, en soulignant que l'immeuble édifié n’était pas juridiquement habitable à la date de référence. Cette évaluation a été critiquée par les requérants qui arguaient qu'il n'avait pas été démontré que les constructions étaient vétustes ou dépourvues de valeur.
2. Application de la méthode de récupération foncière : M. [G] [Y] et Mme [E] soutenaient que la méthode de récupération foncière devait appliquer un examen sur l'état des constructions, ce que la Cour d'appel n’a pas fait. En s'appuyant uniquement sur le fait que les constructions n’étaient pas habitables sans raccordement aux réseaux, la cour d'appel a omis d’évaluer la vétusté réelle des bâtiments.
Interprétations et citations légales
1. Article L 321-1 du Code de l'expropriation pour cause d'utilité publique : Cet article stipule que l'indemnité doit couvrir l'intégralité du préjudice. La Cour d'appel a, selon les demandeurs, failli à cette obligation en ne prenant pas en compte l'état des constructions. Cette interprétation soulève la question de ce qui constitue un "préjudice direct".
2. Article 1er du protocole additionnel à la Convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : Cet article garantit le droit au respect des biens et stipule que « nul ne peut être privé de sa propriété, sauf intérêt public » et sous réserve d'une juste indemnité. Les requérants ont fait valoir que l'indemnité fixée ne reflétait pas de manière équitable leur préjudice, ce qui pourrait constituer une violation de ce principe.
Ainsi, la Cour de cassation a statué en rejetant le pourvoi, sans entrer dans une motivation détaillée selon l'article 1014 du code de procédure civile, indiquant que le moyen invoqué n'était pas susceptible de conduire à la cassation, ce qui a pour effet de maintenir la position adoptée par la cour d'appel.