Résumé de la décision
La Cour de cassation, dans sa décision du 16 novembre 2022, a rejeté le pourvoi formé par M. et Mme [E][I] contre une ordonnance rendue le 23 septembre 2021 par le juge de l'expropriation du tribunal judiciaire de Bobigny. Cette ordonnance déclarait l'expropriation des immeubles des requérants au profit de la Société de requalification des quartiers anciens (SOREQA), pour cause d'utilité publique. Le pourvoi contestait la légalité de cette expropriation sur divers fondements, mais la Cour a estimé que le moyen de cassation n'était manifestement pas de nature à entraîner la cassation.
Arguments pertinents
La Cour de cassation a fondé son rejet sur la constatation que le moyen de cassation annexé « n'est manifestement pas de nature à entraîner la cassation ». L'article 1014, alinéa 1er, du code de procédure civile lui permet de se prononcer sans décision spécialement motivée, ce qui souligne l'absence de l’importance juridique des irrégularités alléguées par les requérants.
La décision indique : « En application de l'article 1014, alinéa 1er, du code de procédure civile, il n'y a donc pas lieu de statuer par une décision spécialement motivée sur ce pourvoi », mettant en avant le fait que les arguments des demandeurs ne permettent pas d’aboutir à une annulation de l'ordonnance contestée.
Interprétations et citations légales
Les textes de loi concernés dans cette décision montrent les règles qui régissent l'expropriation pour cause d'utilité publique :
1. Code de l'expropriation pour cause d'utilité publique - Article R. 221-2 : Cet article impose au juge de rendre son ordonnance d'expropriation dans un délai de quinze jours suivant la réception d'un dossier complet. Les requérants soutenaient que l'ordonnance rendue le 23 septembre 2021, après un enregistrement du dossier le 5 février 2021, constituait une violation de ce délai. Toutefois, la Cour de cassation a jugé que cette irrégularité, bien qu’alléguée, n’était pas suffisante pour affecter la décision sur le fond.
2. Code de l'expropriation pour cause d'utilité publique - Article L. 221-1 et R. 131-9 : Ces articles précisent la procédure à suivre pour obtenir l'avis du commissaire enquêteur. Les requérants ont contesté la régularité de la procédure en arguant que l'ordonnance ne précise pas la date de transmission du registre d'enquête au commissaire enquêteur. La Cour a trouvé que cette absence n'altérait pas nécessairement la légalité de l'ordonnance.
En conclusion, les arguments des requérants, bien qu’exprimant des préoccupations légitimes sur le formalisme de la procédure d'expropriation, ont été jugés insuffisants par la Cour pour renverser la décision d'expropriation. La Cour de cassation a donc confirmé l'ordonnance contestée en soulignant l'absence d'erreurs de droit susceptibles d'affecter la régularité et la légitimité de l'acte d'expropriation.