Résumé de la décision
La Cour de cassation a été saisie d'un pourvoi par M. [G] et la société Mandatum, représentée par M. [S] en qualité de liquidateur judiciaire, contre un arrêt rendu par la cour d'appel de Lyon. Cet arrêt avait jugé irrecevables comme prescrites les demandes de M. [G] relatives à la responsabilité civile professionnelle de Me [U]. La Cour de cassation a rejeté le pourvoi, considérant que les moyens invoqués n'étaient pas de nature à entraîner la cassation. Elle a également condamné M. [G] et la société Mandatum aux dépens et a rejeté leur demande au titre de l'article 700 du code de procédure civile en les condamnant à payer une somme à M. [U].
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité des demandes : La cour d'appel a jugé que les demandes de M. [G] étaient irrecevables en raison de la prescription. La décision de la cour de cassation a confirmé cette interprétation en se basant sur l'absence de fondement juridique suffisant des moyens présentés par les demandeurs.
2. Application de l'article 1014 du code de procédure civile : La Cour a précisé que les moyens soumis ne nécessitaient pas une décision spécialement motivée : "En application de l'article 1014, alinéa 1er, du code de procédure civile, il n'y a donc pas lieu de statuer par une décision spécialement motivée sur ce pourvoi."
Interprétations et citations légales
1. Prescription et autorité de la chose jugée : Les demandeurs ont soutenu que l'ordonnance du juge de la mise en état, confirmée par un précédent arrêt, avait implicitement reconnu que l'action n'était pas prescrite. Cela se base sur le principe selon lequel "l'autorité de chose jugée s'attache à tout ce qui est tranché par le dispositif du jugement" (Code civil - Article 1355). La Cour de cassation a cependant jugé que cette interprétation n'était pas opérante pour leurs demandes.
2. Interruption de la prescription par la saisine d'une autorité incompétente : Les demandeurs ont argué que la saisine du bâtonnier pour une action en responsabilité interrompait la prescription, même si celle-ci était incompétente. Les articles 2225 et 2241 du Code civil précisent que la demande en justice interrompt le délai de prescription : "la demande en justice, même devant un juge incompétent, interrompt le délai de prescription" (Code civil - Article 2225). La cour d'appel a jugé que cette interruption ne s'est pas vérifiée dans leur cas, une décision également confirmée par la Cour de cassation.
Ces interprétations montrent que la Cour de cassation a donné une valeur restrictive à la notion d'interruption de prescription, la soumettant à des règles précises que les demandeurs n’ont pas respectées dans le cadre de leur contentieux.