Résumé de la décision
M. Donatien X... a formé un recours en annulation contre la décision du 13 novembre 2017 de l'assemblée générale des magistrats du siège de la cour d'appel de Paris, qui a rejeté sa demande d'inscription sur la liste des experts judiciaires en génie civil et gros œuvre. Le refus était motivé par des considérations concernant l'insuffisance et l'ancienneté de ses travaux scientifiques, ainsi que son manque de moyens techniques adéquats pour exercer l'expertise judiciaire depuis sa retraite. La Cour de cassation a rejeté le recours, confirmant qu'il n'y avait pas d'erreur manifeste d'appréciation dans la décision des magistrats.
Arguments pertinents
1. Travaux scientifiques insuffisants : M. X... a argumenté que ses travaux de recherche, notamment sa thèse de doctorat soutenue en 2000, ainsi que d'autres publications, étaient suffisants pour son inscription. Toutefois, la Cour a affirmé que ces éléments n'étaient pas en adéquation avec les qualifications requises, soulignant que "l'assemblée générale a décidé de ne pas inscrire M. X... sur la liste des experts judiciaires de la cour d'appel" sur des motifs jugés pertinents.
2. Moyens techniques adaptés : M. X... a fait valoir que, bien qu'en retraite, il continuait à exercer des activités professionnelles au sein de l'AECI qui ne nécessitaient que des outils bureautiques. La Cour a statué sur le fait que le dossier ne démontrait pas une préparation adéquate pour les missions d'expertise judiciaire. "C'est par des motifs exempts d'erreur manifeste d'appréciation que l'assemblée générale a rejeté sa demande".
Interprétations et citations légales
La décision fait appel à des principes régissant l'inscription sur la liste des experts judiciaires, qui nécessitent de prouver non seulement des qualifications académiques mais aussi des moyens techniques adaptés à l'exercice de l'expertise. L'article 6, 4° du texte auquel M. X... se réfère établit des critères stricts d'évaluation, bien que l'ensemble du cadre juridique entourant cette inscription soit influencé par le niveau de compétence requis.
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Textes de loi pertinents :
- Code de l'organisation judiciaire - Article 1: cet article pose les fondements sur le rôle des experts judiciaires et leurs qualifications, mais les critères spécifiques d'évaluation relèvent de dispositions internes de la cour d'appel.
- Code de procédure civile - Article 16: ce code stipule que les juges peuvent faire appel à des experts en cas de doute sur les faits, ce qui implique qu'un expert doit être en mesure de présenter des travaux récents et pertinents pour être considéré dans une discipline spécifique.
En somme, la décision de la Cour de cassation souligne la nécessité pour les candidats à l'expertise judiciaire de démontrer non seulement des antécédents académiques solides, mais aussi une expérience récente et des moyens adaptés à l'exercice de l'expertise judiciaire, surtout après une période de retraite.