Résumé de la décision
La Cour de cassation, dans un arrêt du 25 janvier 2018, a déclaré qu'il n'y avait pas lieu de renvoyer une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) au Conseil constitutionnel. Cette question avait été posée par M. A... X... et sa famille, qui contestaient la conformité de l'article L. 3216-1 du code de la santé publique, relatif aux mesures d'hospitalisation complète sans consentement, aux principes constitutionnels. L'instance concernait l'indemnisation à la suite de la mesure d'hospitalisation qui avait été déclarée irrégulière par le juge, mais la question posée a été jugée non recevable et sans caractère sérieux.
Arguments pertinents
1. Non-recevabilité de la question :
La Cour a estimé que la QPC ne portait pas sur une interprétation d'une disposition constitutionnelle non encore appliquée par le Conseil constitutionnel et qu'elle n'était pas nouvelle.
2. Absence de principe fondamental :
La Cour a déclaré que la faculté d'annulation d'une mesure administrative ne constitue pas un "principe fondamental reconnu par les lois de la République". De plus, les griefs portant sur la clarté, l'accessibilité de la loi et la bonne administration de la justice ne peuvent pas être invoqués pour fonder une QPC.
3. Caractère sérieux des griefs :
La question posée a été jugée non sérieuse dans la mesure où la réglementation permet de demander le retrait d'une décision administrative même sans annulation. Les articles L. 240-1 et L. 242-4 du code des relations entre le public et l'administration garantissent ce droit, rendant ainsi les dispositions critiquées conformes aux droits des justiciables.
Interprétations et citations légales
- Article L. 3216-1 du code de la santé publique :
Cet article réglemente l'hospitalisation complète sans consentement. Les consorts X... ont contesté qu'il porte atteinte à divers principes constitutionnels, mais la Cour a rejeté cette interprétation en précisant que l'annulation d'une mesure administrative n'est pas en soi un principe fondamental.
- Code des relations entre le public et l'administration :
- Article L. 240-1 : Cet article permet de demander le retrait d'une décision administrative en cas d'irrégularité, même si celle-ci n'a pas été annulée par un jugement.
- Article L. 242-4 : Ce texte institue des modalités de réclamations qui assurent la protection des droits des citoyens face aux décisions administratives.
La Cour a ainsi confirmé que ce cadre juridique apportait les garanties nécessaires pour protéger les justiciables sans pour autant nécessiter un renvoi au Conseil constitutionnel. Les droits invoqués par les demandeurs ont été jugés suffisamment protégés par les textes existants.