Résumé de la décision
La Cour de Cassation, lors de son audience publique du 29 septembre 2021, a rejeté la requête en rabat d'arrêt présentée par M. [Q] suite à l'arrêt n° 382 F-D du 24 mars 2021. Dans cet arrêt précédent, la Cour avait annulé une décision de la cour d'appel de Saint-Denis de La Réunion, qui avait débouté M. [Q] de ses demandes d'indemnisation pour licenciement sans cause réelle et sérieuse et pour exécution déloyale de son contrat de travail, en raison d’une inversion de la charge de la preuve concernant la durée du travail. M. [Q] demandait un rabat de l'arrêt pour que soient prises en compte les conséquences d’une violation de la charge de la preuve sur le respect des normes de travail. Toutefois, la Cour a jugé que sa demande était irrecevable, car elle ne présentait pas d'erreur matérielle, et n'a donc pas modifié son précédent arrêt.
Arguments pertinents
1. Irrecevabilité de la requête : La Cour a considéré que M. [Q] tentait simplement de contester une décision antérieure sans invoquer d'erreur matérielle. La Cour affirme que « la requête, qui ne tend qu'à remettre en cause, une décision de la Cour de Cassation sans invoquer d'erreur matérielle, est donc irrecevable ».
2. Charge de la preuve : La Cour a rappelé que le jugement initial de la cour d'appel avait été annulé uniquement en ce qui concerne le déboutement de M. [Q] concernant certaines de ses demandes, réaffirmant que « les griefs formulés n'atteignant pas les chefs de l'arrêt déboutant le salarié de ses demandes relatives au paiement d'heures supplémentaires, heures travaillées le dimanche et travail dissimulé, fût-ce par voie de conséquence ».
Interprétations et citations légales
La décision de la Cour de Cassation s'appuie sur l'interprétation des normes régissant la charge de la preuve en matière de droit du travail. Dans ce contexte, il est essentiel de clarifier ce que cela implique pour les employeurs et les employés.
1. Droit de l'Union Européenne et Droit interne : L'affaire met en avant des questions liées au respect des seuils et plafonds prévus par le droit de l'Union Européenne, ainsi que des durées maximales de travail selon le droit français. La Cour a rappelé que "la charge de la preuve du respect des durées maximales quotidienne et hebdomadaire de travail incombe à l'employeur".
2. Code du Travail : Bien que le texte ne cite pas spécifiquement d'articles, il est implicite que les dispositions du Code du Travail encadrent les modalités de vérification du respect des durées maximales de travail. Par exemple, le Code du travail - Article L3121-35 qui traite de la durée maximale de travail hebdomadaire. La jurisprudence souligne l'importance pour l'employeur de tenir des registres clairs et transparents à cet égard pour éviter de telles contestations.
Cette décision illustre la rigueur avec laquelle la Cour de Cassation examine les demandes en rabat d'arrêt et réaffirme le principe de responsabilité en matière de charge de la preuve, fondamental en droit du travail français.