Résumé de la décision
La Cour de cassation, chambre commerciale, a annulé un arrêt de la cour d'appel de Paris qui avait déclaré irrecevable la demande en paiement de la société italienne Blufin SPA, en raison de la prescription de son action. La cour d'appel s'était fondée sur la convention de Vienne de 1974 modifiée par le protocole de 1980, concluant que le délai de prescription pour les ventes internationales d'objets mobiliers corporels était de quatre ans. Cependant, la Cour de cassation a constaté que ni la France ni l'Italie n'avaient ratifié cette convention, rendant ainsi son application inappropriée.
Arguments pertinents
1. Absence de base juridique : La Cour de cassation a souligné que l'arrêt de la cour d'appel, qui a retenu la prescription de l'action en se basant sur la "Convention de Vienne" sur la prescription en matière de vente internationale, était dépourvu de fondement juridique. Comme il a été précisé, les deux pays n'ont pas ratifié cette convention, ce qui rend son invocation illégale.
- Citation clé : "La France et l'Italie n'ont pas ratifié la Convention du 14 juin 1974 modifiée par le protocole du 11 avril 1980 sur la prescription en matière de vente internationale de marchandises, dite Convention de New York."
2. Application des règles de droit interne : La Cour de cassation a insisté sur le fait que le droit applicable était celui de la loi italienne, conformément à la convention de La Haye de 1955, vu que le vendeur résidait en Italie. Cela implique que la prescription devait être déterminée selon la loi italienne qui pourrait avoir des délais différents de ceux de la convention de Vienne, potentiellement plus favorables à la demande de Blufin.
- Citation clé : "La vente internationale d'objets mobiliers corporels est régie par la loi applicable désignée par la Convention de La Haye du 15 juin 1955."
Interprétations et citations légales
1. Article 55 de la Constitution : Cet article stipule que les traités ou accords internationaux doivent être appliqués en droit français, mais seulement si la France a ratifié ces conventions. Les juges ont constaté que, dans le cas d'espèce, les conventions internationales citées par la cour d'appel n'étaient pas en vigueur entre la France et l'Italie.
- Remarque : Cet article souligne l'importance de la ratification pour l'application des conventions internationales en droit interne.
2. Convention de La Haye de 1955 : Le texte règlemente la loi applicable aux ventes internationales d'objets mobiliers. Elle précise, en son article 3, que la vente est régie par le droit interne du pays où le vendeur a sa résidence habituelle. En l'espèce, cela signifie que le droit italien s'applique, et donc son délai de prescription est pertinent et applicable.
- Citation pertinente : "La vente est régie par le droit interne du pays où le vendeur a sa résidence habituelle."
En somme, la décision de la Cour de cassation remet en question l'application des conventions de Vienne en absence de ratification tout en affirmant que le droit interne applicable doit être retenu pour déterminer la prescription, renforçant ainsi l'importance des conventions et accords internationalement acceptés dans le cadre légal français.