Résumé de la décision
Dans l'affaire opposant la Veuve Y... à Z..., la Cour d'appel de Pau a confirmé que l'indemnité de retard due par le locataire, Y..., devait être imputée sur l'indemnité d'éviction consignée chez un séquestre. Les faits se déroulent après qu'un jugement du 24 octobre 1958 ait fixé l'indemnité d'éviction à 4 000 nouveaux francs et qu'une somme de 1 075 nouveaux francs ait été reconnue pour une construction réalisée par Y... sur le terrain loué. Après avoir refusé une offre de paiement de l'indemnité, Y... a été sommé de quitter les lieux, mais il a maintenu son occupation jusqu'au 15 mars 1960. La cour a jugé que la notification de l'ordonnance de séquestre avait bien fait courir le délai de restitution des lieux, et que le retard dans la restitution justifiait l'imputation de l'indemnité de retard sur l'indemnité d'éviction.
Arguments pertinents
1. Validité de la notification : La cour a considéré que la notification de l'ordonnance du 3 avril 1959, qui sommait Y... de quitter les lieux, avait produit des effets juridiques. Elle a souligné que "l'ordonnance avait été dénoncée et qu'une nouvelle sommation d'avoir à vider les lieux immédiatement avait été signifiée à Y...".
2. Imputation de l'indemnité de retard : La cour a admis que l'indemnité de retard devait être imputée sur l'indemnité d'éviction, en raison du délai écoulé entre la sommation et le départ effectif de Y... : "plus de cent jours s'étaient écoulés entre le premier terme d'usage suivant cette sommation et le 16 mars 1960".
Interprétations et citations légales
1. Article 20 du décret du 30 septembre 1953 : Cet article stipule que le locataire doit restituer les lieux dans un délai imparti après notification. La cour a interprété que la notification de l'ordonnance de séquestre a fait courir ce délai, ce qui est essentiel pour déterminer la date de départ du locataire.
2. Imputation des indemnités : La décision s'appuie sur le principe selon lequel un locataire qui retarde la restitution des lieux peut voir son indemnité de retard déduite de l'indemnité d'éviction. Cela est conforme à l'esprit de la loi qui vise à protéger les droits des bailleurs tout en tenant compte des obligations des locataires.
3. Code civil - Article 1728 : Cet article stipule que le locataire doit jouir paisiblement des lieux loués et les restituer à l'expiration du bail. La cour a considéré que le maintien de Y... dans les lieux après la sommation constituait une violation de cette obligation, justifiant ainsi l'imputation de l'indemnité de retard.
En conclusion, la décision de la Cour d'appel de Pau a été fondée sur une interprétation rigoureuse des délais et des obligations des parties, confirmant ainsi la légitimité de l'imputation de l'indemnité de retard sur l'indemnité d'éviction.