Résumé de la décision
Dans cette affaire, la Cour de cassation a été saisie d'un pourvoi formé par X... (Albert) et la société X... (Albert) contre un arrêt de la Cour d'appel de Paris daté du 30 janvier 1964. Cet arrêt avait fixé les dommages-intérêts dus par le prévenu et la société civilement responsable, reconnus coupables de contrefaçon de modèles. La Cour de cassation a annulé l'arrêt de la Cour d'appel, considérant que celle-ci avait excédé les limites de sa saisine en condamnant le prévenu pour des faits qui ne faisaient pas partie de l'infraction retenue.
Arguments pertinents
1. Limites de l'action civile : La Cour de cassation a souligné que l'exercice de l'action civile devant les juridictions répressives est un droit exceptionnel, qui doit être strictement encadré par le Code de procédure pénale. Elle a affirmé que seuls les préjudices directs et personnels résultant de l'infraction pénale peuvent justifier une action civile.
> "L'exercice de l'action civile devant les tribunaux de répression est un droit exceptionnel, qui, en raison de sa nature, doit être strictement renfermé dans les limites fixées par le Code de procédure pénale."
2. Saisie et nature de l'infraction : La Cour a constaté que l'arrêt attaqué avait élargi le champ de la contrefaçon en incluant des paniers de forme sphérique, alors que la saisie ne concernait que des paniers de forme bitronconique. Cela a conduit à une évaluation erronée des dommages-intérêts, car le préjudice commercial invoqué ne découlait pas directement des faits de contrefaçon retenus.
> "En décidant ainsi, la Cour d'appel est sortie des limites de la prévention, définitivement fixée par son arrêt du 17 juin 1957, condamnant le prévenu sur l'action publique."
Interprétations et citations légales
1. Code civil - Article 1351 : Cet article stipule que la force obligatoire des contrats est une règle fondamentale. Dans le contexte de la contrefaçon, cela signifie que les parties ne peuvent être tenues responsables que des préjudices directement liés à l'infraction qu'elles ont commise.
2. Code de procédure pénale - Article 3 et 382 : Ces articles précisent les conditions d'exercice de l'action civile dans le cadre d'une procédure pénale. Ils établissent que l'action doit se fonder sur un préjudice direct et personnel, ce qui a été mal interprété par la Cour d'appel.
3. Code civil - Articles 1382 et suivants : Ces articles traitent de la responsabilité délictuelle et des conditions dans lesquelles une personne peut être tenue responsable d'un dommage causé à autrui. La Cour de cassation a rappelé que la responsabilité ne peut être engagée que si le préjudice est directement lié à l'infraction.
4. Loi du 20 avril 1810 - Article 7 : Cet article concerne la protection des modèles et la contrefaçon. La Cour a souligné que l'infraction devait être précisément définie pour que les dommages-intérêts puissent être évalués correctement.
En conclusion, la Cour de cassation a cassé l'arrêt de la Cour d'appel de Paris, en raison d'une méconnaissance des limites de la saisine et d'une évaluation erronée des dommages-intérêts, soulignant ainsi l'importance de respecter strictement les conditions d'exercice de l'action civile en matière pénale.