Résumé de la décision
Dans cette affaire, l'assuré social X... a été victime d'un accident du travail le 25 février 1954, dont la consolidation sans invalidité a été fixée au 23 mars 1954. Après avoir repris son travail, il a signalé des douleurs qu'il a attribuées à un nouvel accident survenu en février 1955, qui n'avait pas été déclaré par son employeur. Une fracture de la cinquième vertèbre lombaire a été reconnue comme ayant une origine traumatique, entraînant une invalidité permanente partielle de 70 %. La cour d'appel a décidé de rattacher cette fracture à l'accident de 1954, fixant la date de consolidation au 23 mars 1954. La Cour de cassation a annulé cette décision, considérant que toute aggravation postérieure sans cessation de travail devait faire l'objet d'une demande en révision, et que la date de consolidation devait être celle à laquelle l'assuré était susceptible de reprendre son travail après la nouvelle cessation.
Arguments pertinents
1. Sur la modification de l'état de la victime : La Cour de cassation rappelle que, selon l'article 489 du Code de la sécurité sociale, "toute modification dans l'état de la victime, dont la première constatation est postérieure à la date de guérison apparente ou de consolidation de la blessure, peut donner lieu à une nouvelle fixation des réparations." Cela souligne l'importance de la date de consolidation dans le cadre des accidents du travail.
2. Sur la nécessité de la cessation de travail : La Cour a souligné que, en cas d'aggravation de l'état de santé d'un assuré ayant repris son travail, "toute aggravation postérieure sans cessation de travail devait faire l'objet d'une demande en révision." Cela signifie que les droits à réparation doivent être réévalués uniquement à partir de la date de la nouvelle cessation de travail.
3. Sur le rattachement des blessures à l'accident initial : La décision de la cour d'appel de fixer la date de consolidation au 23 mars 1954 a été jugée erronée, car "la consolidation devait être fixée au jour où l'intéressé était susceptible de reprendre son travail," et non à une date antérieure.
Interprétations et citations légales
- Code de la sécurité sociale - Article 489 : Cet article stipule que "toute modification dans l'état de la victime, dont la première constatation est postérieure à la date de guérison apparente ou de consolidation de la blessure, peut donner lieu à une nouvelle fixation des réparations." Cela implique que la reconnaissance d'une aggravation de l'état de santé d'un assuré doit être fondée sur des faits constatés après la date de consolidation initiale.
- Loi du 20 avril 1810 - Article 7 : Bien que cet article ne soit pas cité textuellement dans la décision, il est sous-entendu que les principes de révision des décisions en matière d'accidents du travail doivent être respectés, notamment en ce qui concerne les conditions de cessation de travail et de reconnaissance des blessures.
En conclusion, la décision de la Cour de cassation souligne l'importance de respecter les procédures de révision en cas d'aggravation de l'état de santé d'un assuré, ainsi que la nécessité de fixer la date de consolidation en fonction de la capacité de l'assuré à reprendre son travail.