Résumé de la décision
La décision concerne un pourvoi formé par les dames C... et B..., qui contestaient l'arrêt de la Cour d'appel de Paris du 3 mai 1962. Les faits se déroulent autour de la société en commandite simple "Blin et Cie", qui exploitait le théâtre de la "Gaîté Montparnasse" et a été expulsée pour défaut de paiement de loyers, puis déclarée en faillite. Les dames C... et B..., ayant des intérêts dans la société, ont tenté d'obtenir un nouveau bail auprès de la propriétaire, la veuve Y..., mais celle-ci a finalement consenti un bail à un tiers, le sieur X..., qui avait acquis les actifs de la faillite. Les dames ont alors assigné Y..., X..., et le syndic D... pour annuler le bail et obtenir des dommages-intérêts. La Cour d'appel a rejeté leur demande, estimant qu'elles n'avaient pas prouvé l'existence d'un engagement de la propriétaire envers elles.
Arguments pertinents
1. Absence de preuve d'un engagement contractuel : La Cour d'appel a jugé que les dames C... et B... n'avaient pas prouvé que la propriétaire avait souscrit un engagement envers elles. Elle a souligné que la déclaration qu'elles avaient signée pour autoriser leur avocat à se dessaisir d'une somme d'argent n'était pas suffisante pour établir un droit en leur faveur.
- Citation pertinente : "la déclaration souscrite par elles-mêmes le 16 juillet 1957 [...] ne pouvait leur créer un titre à elles-mêmes."
2. Responsabilité précontractuelle : Les juges ont examiné la possibilité d'une responsabilité de la veuve Y... pour rupture des pourparlers, mais ont conclu que la preuve n'avait pas été rapportée pour établir que la rupture était fautive. De plus, ils ont noté que les dames C... et B... n'apportaient pas la preuve d'actes constitutifs de quasi-délits à l'encontre de X...
- Citation pertinente : "la Cour d'appel a estimé que la déclaration souscrite par elles-mêmes [...] ne pouvait leur créer un titre à elles-mêmes."
3. Absence de lien de droit avec X... : La Cour a également rejeté la responsabilité de X..., en affirmant qu'aucun lien de droit ne s'était formé entre lui et les dames C... et B..., ce qui les empêchait de revendiquer une quelconque responsabilité à son égard.
- Citation pertinente : "les deux intéressées ne rapportent pas, d'autre part, la preuve d'actes constitutifs de quasi-délits reprochés à X..."
Interprétations et citations légales
Dans cette décision, plusieurs principes juridiques sont appliqués, notamment ceux relatifs à la responsabilité précontractuelle et à l'existence d'un lien contractuel.
1. Responsabilité précontractuelle : La responsabilité précontractuelle est régie par le principe selon lequel une partie peut être tenue responsable des dommages causés à l'autre partie en raison d'une rupture fautive des pourparlers. Cela est souvent interprété à la lumière des articles du Code civil sur les obligations et les contrats.
- Code civil - Article 1104 : "Les contrats doivent être négociés, formés et exécutés de bonne foi."
2. Quasi-délit : La notion de quasi-délit implique que pour engager la responsabilité d'un tiers, il faut prouver l'existence d'un acte fautif, d'un dommage et d'un lien de causalité. Dans cette affaire, la Cour a souligné l'absence de preuve de tels actes à l'encontre de X...
- Code civil - Article 1240 : "Tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer."
En conclusion, la décision de la Cour d'appel a été fondée sur l'absence de preuve d'un engagement contractuel et sur l'absence de responsabilité précontractuelle, ce qui a conduit au rejet du pourvoi des dames C... et B....