Résumé de la décision
Dans cette affaire, la dame Y... a reçu un commandement de payer des loyers dus aux époux C..., propriétaires, dans le cadre d'un bail commercial. Après l'expiration du délai imparti par la clause résolutoire, le juge des référés a constaté l'acquisition de cette clause mais a suspendu ses effets jusqu'au 1er avril 1962. Toutefois, la cour d'appel a infirmé cette décision, constatant que le paiement intégral des loyers n'avait pas été effectué et ordonnant l'expulsion de la locataire. La dame Y... a contesté cette décision, arguant que des difficultés liées à d'autres litiges avec les bailleurs avaient impacté sa situation.
Arguments pertinents
1. Sur le paiement des loyers : La cour d'appel a jugé que l'offre de paiement de 1.600 francs par la locataire était insuffisante, car elle ne couvrait qu'une partie de la dette. La cour a souligné que cette offre était postérieure à l'expiration du délai fixé par le premier juge et à l'assignation du 24 avril 1962. Cela a conduit à la résiliation du bail en vertu de la clause résolutoire.
> "Le paiement intégral de la somme réclamée n'ayant pas été opéré, le bail était résilié en vertu de la clause résolutoire."
2. Sur la contestation des réparations : La cour a également noté que les difficultés soulevées par la dame Y... concernant les réparations nécessaires dans l'immeuble n'étaient pas directement liées au litige en cours. La cour a rejeté l'argument selon lequel ces problèmes auraient pu justifier un retard dans le paiement des loyers.
> "Cette circonstance apparaissait sans relation directe avec l'instance."
3. Sur l'urgence de l'expulsion : Concernant l'expulsion, la cour a constaté que la dame Y... n'avait pas soulevé l'incompétence de la cour d'appel pour prescrire son expulsion en raison d'un manque d'urgence, ce qui a conduit à l'irrecevabilité de ce moyen.
> "La dame Y... n'a pas soulevé l'incompétence de la cour d'appel, faute d'urgence, pour prescrire son expulsion."
Interprétations et citations légales
1. Clause résolutoire : La décision se fonde sur l'application de la clause résolutoire prévue dans le bail commercial, qui permet au bailleur de résilier le contrat en cas de non-paiement des loyers. Ce mécanisme est souvent encadré par le Code civil, notamment :
- Code civil - Article 1184 : Cet article stipule que la résolution d'un contrat peut être demandée en cas d'inexécution de l'une des parties, ce qui est pertinent dans le cadre de la résiliation du bail commercial pour non-paiement.
2. Urgence en référé : La question de l'urgence dans les procédures en référé est également cruciale. Le juge des référés doit établir l'urgence pour ordonner des mesures telles que l'expulsion. Le non-respect de cette exigence peut rendre la décision contestable :
- Code de procédure civile - Article 808 : Cet article précise que le juge des référés peut ordonner des mesures provisoires en cas d'urgence, ce qui est essentiel pour justifier l'expulsion.
En conclusion, la décision de la cour d'appel repose sur une interprétation stricte des obligations contractuelles et des délais, ainsi que sur une appréciation des circonstances entourant le litige, tout en respectant les dispositions légales pertinentes.